Affaire Fillon: Quand les emplois fictifs deviennent un jeu de société varois

INTERVIEW Passionné de jeux de société, David Perez a détourné les derniers rebondissements de la campagne présidentielle en un jeu familial…

Mathilde Ceilles

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David Perez et son fils.
David Perez et son fils. — David Perez

« Toute ressemblance avec des situations réelles ou des personnes existantes serait fortuite ». Dès les premières lignes de la règle de son jeu de société, David Perez annonce la couleur… non sans humour ! Ce professeur de technologie dans un collège de Solliès-Pont dans le Var a créé il y a quelques semaines « Emplois fictifs », un jeu de société inspiré des derniers rebondissements de la campagne présidentielle, et notamment du Penelopegate.

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Comment avez-vous eu cette idée ?

Déjà, je suis passionné de jeux de société, j’en ai beaucoup à la maison. En parallèle de mon travail d’enseignant, je travaille dans l’animation. Je suis formateur Bafa, je baigne un peu là-dedans. Créer mon propre jeu était une idée que j’avais en tête depuis longtemps, mais il est très difficile de trouver quelque chose de différent de ce qui existe déjà. Et puis, avec l’actualité, j’ai eu comme un tilt. L’idée est de prendre le côté amusant de la campagne, se dire qu’on peut peut-être en rire, au lieu d’être juste dégoûté de tout ce qui se passe…

En quoi consiste ce jeu ?

Il se joue à partir de quatre joueurs, mais plus on est nombreux, plus il est intéressant. L’un des joueurs est le patron, les autres sont des employés. A chaque partie, les employés se voient tous attribuer une même profession par le patron. Ça va du traditionnel infirmier ou policier à des métiers plus rigolos, comme cruciverbiste… sans oublier assistant parlementaire bien sûr ! (rires). Le patron demande à chaque joueur, tour à tour, d’ouvrir les yeux pour découvrir la profession qu’il exercera, représentée sur une carte. Mais l’un des joueurs se voit attribuer un emploi fictif.

On distribue à chacun des cartes qui servent d’indices pour trouver le métier attribué. En effet, les joueurs qui ont le même métier doivent s’identifier, tandis que celui qui a la carte emploi fictif doit deviner quel métier il fait. Du coup, au début, ce dernier est un peu comme Pénélope qui justifie son travail : il galère ! (rires) Au cours du jeu, chaque joueur dispose d’une carte « juge du parquet national financier », qu’il peut abattre pour accuser le joueur de son choix d’emploi fictif. S’il a raison, il marque des points, sinon, il en perd !

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Qu’espérez-vous pour la suite ?

Pour le moment, le jeu n’est qu’un prototype, fait main, avec des cartes blanches achetées dans le commerce et imprimées. J’y ai consacré pas mal de temps, peut-être 200 heures de travail. Et j’ai demandé l’aide de mon fils, lui aussi passionné de jeux de société. On a discuté ensemble de certains points de règle du jeu. On l’a aussi testé en famille, entre amis… Mais j’aimerais que ce projet se concrétise, et pouvoir en sortir une première série. C’est pour ça que j’ai lancé une campagne de financement participatif. Mais j’ai aussi contacté des éditeurs de jeu dans l’espoir de le voir un jour sortir. J’ai même proposé dans un tweet à François Fillon de tester le jeu… sans réponse pour le moment !