Marseille: Autour de Macron, politique et football ne font pas bon ménage au Vélodrome

POLITIQUE Après son meeting au parc Chanot hier à Marseille, Emmanuel Macron s'est rendu au stade Vélodrome pour le match de l'OM. Mais la politique ne s'invite pas au stade...

Adrien Max

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Emmanuel Macron en compagnie de Jacques-Henri Eyraud au Stade Orange Vélodrome
Emmanuel Macron en compagnie de Jacques-Henri Eyraud au Stade Orange Vélodrome — BORIS HORVAT / AFP

Après sa rencontre avec Christian Estrosi puis son discours devant 7 000 personnes au parc Chanot, Emmanuel Macron a fini, samedi, son marathon marseillais par le stade Vélodrome. Celui qui déclare être fan de l' Olympique de Marseille, a profité de la politique pour aller à un match de foot. A moins que ce ne soit l’inverse, et qu’il soit allé à un match de foot pour faire de la politique.

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Après l’échec de son meeting à La Réunion ou il avait peiné à remplir la salle, le candidat d’En marche ! voulait réaliser une nouvelle démonstration de force à Marseille. En témoigne cette vidéo postée sur sa page Facebook, dans laquelle il lance un appel aux Marseillais pour faire aussi bien qu’à  Versailles, le 10 décembre.

Le choix du lieu, à proximité immédiate du stade, et l’heure, juste avant le début du match, n’auraient pas été choisis au hasard. Le candidat souhaitait créer une synergie entre les deux événements.

Mais, aux abords du Vélodrome, la réalité est loin du résultat escompté. A Marseille, comme autour de beaucoup de stades, politique et football ne font pas bon ménage. Quand il s’agit de demander à quelques supporters s’ils étaient au meeting de Macron, la même réponse fuse : « Oh, ne viens pas commencer avec la politique, on est au stade, là, on en à rien à foutre de ça. » D’autres ne sont tout simplement pas au courant de la présence de Macron et de sa venue au stade.

Kevin, la vingtaine, est lui bien au courant. Et il a profité du match pour faire d’une pierre deux coups. « J’avais prévu de venir au stade et j’ai vu qu’il y avait le meeting. Je pense voter pour Macron donc j’en ai profité pour venir le voir. » Mais il n’est pas dupe sur les intentions de Macron lorsqu’il se déclare supporter de l’OM : « C’est plus de la communication, il ne faut pas qu’il croie remporter l’adhésion des Marseillais en faisant de telles déclarations. »

Jacques, la cinquantaine, et son fils Nikos, 13 ans, ont fait près de quatre heures de route depuis leur vallée sur les hauteurs de Nice. Chacun a une bonne raison d’être à Marseille pour le week-end. « Moi, c’est pour le meeting de Macron », précise Jacques, tandis que, pour Nikos, la motivation est tout autre : « Moi, c’est plus pour l’OM. » Mais le père est aussi « fan » des Olympiens et Macron ne « dérange » pas le fils. Jusqu’ici tout va bien…

D’autres, comme Jules et Rémy, qui fument une cigarette sur les marches du parvis Jean-Bouin, sont bien loin de tout ça. « Pour être sincère, on n’en a rien à foutre de Macron. C’est plus une action politique, mais ce n’est pas avec ça qu’on va regarder son programme », s’exclament d’une même voix les deux jeunes hommes, avant de rejoindre le stade. Et c’est bien la pensée dominante.

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Eric, lui, est carrément hostile à la venue du candidat, à l’opposé des valeurs du club, selon lui : « Les supporters de l’OM, c’est plutôt des gens de gauche, voire d’extrême gauche. Ce que n’est pas Macron. » Il incarne ce que rejettent les supporters marseillais : « Macron, c’est le foot business, c’est "l’Orange Vélodrome" [nouveau nom du stade sponsorisé par l’opérateur télécom], et nous, les supporters, on n’aime pas ça du tout. »

Récupération politique ou sincérité, peu importe pour les supporters marseillais. Eux sont bien au-dessus de la politique. Surtout un jour de match.