VIDEO. Désuètes, les majorettes? C’est la crise des vocations pour la troupe «de l’Olympique de Marseille»

REPORTAGE Commençons par une précision : « Olympique de Marseille », c’est leur nom officiel, mais elles n’ont rien à voir avec le club de Frank McCourt…

Jean Saint-Marc

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La troupe compte une dizaine de majorettes, parfois moins à l’entraînement.
La troupe compte une dizaine de majorettes, parfois moins à l’entraînement. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

La salle où s’entraînent les majorettes « de l’Olympique de Marseille » (aucun lien, fils unique) semble bien grande. Six jeunes filles s’exercent, en ce samedi après-midi printanier. « A l’époque, les deux salles étaient pleines », exagère Ghislaine, la coach. A l’époque, Marseille comptait une trentaine de troupes contre… Une seule, aujourd’hui. Qui se bat pour survivre.

« Les copines disent que c’est ringard ! Moi, ce qui m’a plu, c’est le côté un peu rare… C’est plus original que de faire de la danse. »

« On a la foi, c’est ce qui nous tient », sourit Jean-Pierre Maurin, mari de Ghislaine et président de l’association Majorettes et Pom-Pom Girls de l’Olympique de Marseille (« on a déposé ce nom parce que c’était porteur… L’OM  nous avait cherché des noises dans les années 1980, mais ils n’ont pas donné suite ! »).

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La famille porte le club à bout de bras : la fille de Jean-Pierre et Ghislaine a longtemps été la capitaine de la troupe, mais elle vient de quitter le navire. Tiffany, fidèle majorette depuis quelques années, dirige désormais les entraînements et les parades… Mais peine à recruter des amies : « elles disent que c’est ringard, c’est compliqué ! Moi, ce qui m’a plu, c’est le côté un peu rare. C’est plus original que de faire de la danse. »

Les comités des fêtes moins exigeants

« Et la danse, c’est un spectacle par an ! Alors que là, on part à droite à gauche pour les représentations », complète Auriane. Le club en organise une dizaine chaque année : l’Italie, la Suisse, Lyon, Bordeaux… Jean-Pierre Maurin égrène les destinations comme autant d’arguments pour recruter « des filles ». « Avec les anciennes qui reviennent pour les représentations, on arrive à une dizaine ! Il nous en faudrait au moins cinq de plus », rêvasse le dirigeant. « Mais heureusement, les comités des fêtes sont moins exigeants que dans le passé », ajoute son épouse.

Moins exigeants sur le nombre… Et sur la taille des majorettes. « Avant, ils nous disaient tout le temps “vous n’avez pas de petites, hein ?”» se souvient Jean-Pierre. Il précise d’ailleurs que le recrutement se fait (hé oui) sur critères esthétiques : « on cherche des filles qui font au moins 1 mètre 60 et qui présentent (sic) ! »

Les « canons » et la drague sur Internet

Un peu plus cash, Ghislaine nous précisera clairement les choses quelques minutes plus tard : « On ne recrute pas au-delà de 30, 35 ans. Et seulement si la fille est un canon ! Moi, avoir des dames de 50 ans, ça ne m’intéresse pas ! » Pour elle, « c’est Internet » qui a tué les majorettes. « Maintenant les filles draguent sur Internet », précise la coach, elle-même ex-majorette… Et qui a rencontré ainsi son mari. « On part avec une vingtaine de musiciens, surtout des hommes », explicite Jean-Pierre.

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Pour tenter de former la relève, l’association a décidé d’accueillir cette année les petites filles aux entraînements : Feriel, 9 ans et demi, s’entraîne donc à manier le bâton et les pom-poms avec les grandes. Elle aussi a bien essayé de faire venir ses copines de CM1, mais pas de chance… « Elles n’aiment pas trop les majorettes, elles préfèrent les rollers. »

Les entraînements ont lieu le samedi après-midi, au CAQ Saint-Just-Perrin (métro Saint-Just). Renseignements et inscriptions : 04 91 08 02 95 ou 06 31 93 50 78.