Marseille: Elles vont faire 4.000 km dans la pampa argentine sans GPS... «Faut être un peu folles!»

RALLYE Une infirmière marseillaise et une médecin anesthésiste vont participer à un rallye humanitaire en Argentine…

Jean Saint-Marc

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Les deux pilotes amateurs ont pris quelques cours...
Les deux pilotes amateurs ont pris quelques cours... — G.M.

Elles ont surnommé leur duo « les Propofolles », du nom d’un médicament qu’elles utilisent tous les jours au travail : Geneviève et Lorna sont respectivement infirmière et médecin anesthésiste. Pendant une petite semaine, du 19 au 24 avril, elles vont devenir… Pilotes de rallye, le temps d’un raid en Argentine. « Et effectivement, il faut être un peu folles pour se lancer un défi pareil », sourit Geneviève Mazzarino, qui travaille en pédiatrie, à l’hôpital de la Timone, à Marseille. Elle va décoller dans trois semaines pour l’Argentine. Son amie Lorna, elle, fera un petit Nouméa-Auckland-Buenos Aires.

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Le but du jeu : faire le moins de kilomètres possible

« Elle vit en Nouvelle-Calédonie. On a eu l’idée de ce projet quand je travaillais là-bas… Et on a décidé de le concrétiser malgré la distance », raconte Geneviève. Cette passionnée de sports mécaniques (« j’ai toujours été branchée grosse moto ») a été séduite par le concept du trophée Roses des Andes, un rallye 100 % féminin en Argentine. Le but du jeu n’est pas d’être l’équipage le plus rapide à travers la pampa et l’altiplano argentins… Mais d’être celui qui fera le moins de kilomètres pour rallier les différents bivouacs. « C’est plus sympa, il n’y a pas de notion de vitesse ! Donc quand on voit un équipage en galère, on s’arrête, on ne leur fait pas coucou en les doublant », précise Geneviève.

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Les arrêts sont même conseillés pour scruter le terrain avec ses jumelles et trouver le meilleur itinéraire, celui qui vous fera grappiller quelques hectomètres : « c’est surtout de l’orientation puisqu’on n’a pas de GPS ! Seulement un road-book, une carte et une boussole », reprend Geneviève. On s’inquiète alors un peu, puisque sur leur blog, les deux apprenties pilotes disaient « ne pas avoir un sens de l’orientation aiguisé ! »

« Sans être des pros de l’orientation ou du pilotage, on sait que quand on aura le soleil en face le matin… C’est qu’on roulera pas plein ouest ! »

Geneviève est passionnée de sports mécaniques.
Geneviève est passionnée de sports mécaniques. - G.M.

L’infirmière tout juste quinquagénaire nous rassure, elle saura se transformer en copilote : « On n’est pas des pros mais on sait quand même que si on a le soleil en pleine face le matin, c’est qu’on ne va pas vers l’ouest ! On fait de la voile, on saura se retrouver ! » Geneviève, « qui aime sortir de sa zone de confort », a navigué neuf mois sur l’Océan Pacifique entre la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie Française. « Et de pacifique… Il n’a que le nom ! »

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A quelques semaines du départ, les préparatifs s’accélèrent :

  • La conduite, c’est bon, grâce à un stage de pilotage 4x4.
  • Le matériel, c’est bon aussi : « on s’est fait prêter les pelles et les plaques pour se désensabler », précise Geneviève, consciente que « ce ne sera pas tous les jours une partie de plaisir ! »
  • Ne reste à boucler que… le financement.

Environ 23.000 euros de budget

L’objectif de leur crowdfunding n’est pas tout à fait atteint et les « Propofolles » recherchent toujours des entreprises pour les sponsoriser. On met de l’argent de notre poche », s’agace Geneviève, un peu déçue que ni la mairie de Marseille, ni le conseil départemental n’aient investi quelques euros : « l’année de Marseille capitale du sport, ça aurait apporté une autre dynamique ! »

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Bien sûr, ce rallye a aussi un but humanitaire : une partie des fonds collectés sont reversés à une association argentine qui fait de la rééducation par l’équitation pour des enfants handicapés. « Nous qui bossons en pédiatrie… Ça nous parle forcément ! »