MMA: Le Marseillais Yvan Sorel se bagarre pour obtenir... un job (et un peu de reconnaissance)

OMNISPORTS Le combattant marseillais Yvan Sorel (MMA, pancrace, kick-boxing) lance une pétition pour obtenir un peu de soutien de la part des élus marseillais...

Jean Saint-Marc

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Yvan Sorel est aussi à la tête d'une académie, il entraîne environ 250 jeunes...
Yvan Sorel est aussi à la tête d'une académie, il entraîne environ 250 jeunes... — Daniel Cigliano / Y. S.

Yvan Sorel est un homme en colère. Mais vraiment. Pas besoin d’avoir fait six ans de psycho pour établir ce diagnostic : il suffit de lui passer un coup de fil… Où l’on vous conseille de tenir le combiné à dix centimètres de l’oreille pour éviter les acouphènes !

« J’en ai ras-le-cul ! Marseille est la capitale du sport ? C’est surtout la capitale du clientélisme ! », s’époumone-t-il. Dans une pétition, le champion de MMA (mixed martial arts) et de pancrace (il vient aussi de se mettre au kick-boxing) réclame en fait un peu de reconnaissance de la part de la mairie… Et un job !

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Les primes de combat ? « Même pas le prix d’un régime hyperprotéiné »

« J’avais un emploi à la mairie de Marseille jusqu’au 31 mars : agent d’accueil et d’entretien dans les piscines. Mais ce n’était pas tenable. J’ai besoin d’horaires aménagés pour m’entraîner et surtout pour être dispo à 18h pour les cours du Team Sorel, mon académie », précise le combattant, qui ne parvient pas à vivre de son sport. « Je perds de l’argent, au contraire ! Une prime de combat ça va être quoi… 800 euros ? C’est même pas le prix d’un régime hyperprotéiné. »

Yvan Sorel rêve donc d’être inscrit sur la liste des sportifs de haut niveau, un fichier qui répertorie les champions en tout genre… Et leur permet d’avoir accès à des postes spécifiques, avec un planning aménagé. Le combattant a envoyé sa pétition au maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin et à son adjoint aux sports, Richard Miron… Qui nous assurent qu’ils n’ont rien à voir avec tout ça. « C’est une liste ministérielle, on ne peut rien faire, assure-t-on dans l’entourage de Richard Miron. On ne comprend pas sa réaction. » Avant d’ajouter, l’air de rien, que « de toute façon, son sport n’est reconnu par aucune fédération ».

« Qu’on ne vienne pas me dire que je ne suis pas un sportif de haut niveau ! Quand je combats devant 10.000 personnes, ils sont au premier rang, les élus ! »

Le MMA, effectivement, est toujours interdit en France (au grand dam de tous les pratiquants). Mais pas le pancrace, sport géré par la  Fédération française de kick-boxing, muay thaï et disciplines associées. « Je combats en MMA uniquement à l’étranger, précise Yvan Sorel. En France, c’est toujours en pancrace ! Et je me lance en kick-boxing ». On a contacté le ministère des Sports pour en savoir plus : deux jours (et 22 relances) plus tard, on nous explique que « le pancrace n’a pas la reconnaissance de haut niveau. » Impossible d'intégrer la fameuse liste, donc.

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Nouveau coup de fil à Yvan Sorel, toujours chaud bouillant : « Je connais plein de sportifs à Marseille qui ont un planning à horaires aménagés sans ce statut, affirme-t-il. Et puis ce qu’on veut... C’est surtout de la reconnaissance ! Qu’on ne vienne pas me dire que je ne suis pas un sportif de haut niveau. M. Miron il sera au premier rang le 13 mai quand je vais combattre devant 10.000 personnes (à l’Octogone) ! »