Marseille: Un collectif vous aide à construire votre mouvement pour changer la ville

INTERVIEW Cette initiative citoyenne rencontre un vrai succès auprès des Marseillais... 

Propos recueillis par Clément Carpentier
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Adrien Sergent, l'un des fondateurs du collectif
Adrien Sergent, l'un des fondateurs du collectif — A.Sergent

C’est une première en France. Un collectif citoyen en collaboration avec changer.org met à disposition des habitants des outils et des savoirs pour développer leur propre mouvement pour changer la ville. Dans la cité phocéenne, près d’une personne sur trois est inscrite sur ce site de pétition en ligne. Adrien Sergent, l’un des fondateurs du collectif « Changer Marseille », explique sa démarche à 20 Minutes.

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Comment est né ce collectif citoyen ?

En fait, j’ai déjà fait plusieurs pétitions (Savonnerie le fer à cheval et le mouvement des poussins) et elles ont été très efficaces auprès des décideurs. Du coup, le site (changer.org) m’a sollicité pour créer un collectif qui va aider d’autres Marseillais à apporter des changements à cette ville.

Il y a un problème de compétences ?

D’une certaine manière. Beaucoup de gens souhaitent changer cette ville, il suffit de remarquer que plus de 350 000 personnes participent régulièrement à des pétitions. Malheureusement, celles-ci restent souvent lettre morte ! Les gens ne sont pas assez structurés dans leur mouvement pour imposer leurs idées souvent très bonnes.

Il faut donner les clés aux gens pour qu’ils se fassent entendre.

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Concrètement, qu’est-ce que votre collectif pour leur apporter ?

Ce sont des petites choses mais qui sont indispensables. Savoir écrire mais surtout argumenter une pétition, apprendre à communiquer via les réseaux sociaux ou encore comment négocier avec les décideurs locaux comme les élus. Il faut donner les clés aux gens pour qu’ils se fassent entendre.

Quel genre de demandes avez-vous aujourd’hui ?

Il y en a cinq qui reviennent très souvent dans nos quatre premières réunions : l’accessibilité, l’écologie, les demandes sociales, l’amélioration du cadre de vie et l’éthique politique. On a, par exemple, des personnes qui se sont battues pour obtenir la semi-piétonisation de la rue Noailles ou ceux qui réussissent pour obtenir la préservation du parc Valmer.

On souhaite avoir un rendez-vous mensuel dans un lieu fixe

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Pourquoi avoir laissé une campagne de financement participatif ?

Même si nous faisons ça bénévolement, on veut le structurer. On souhaite tout d’abord institutionnaliser un rendez-vous mensuel et surtout avoir un lieu fixe pour ces réunions de travail. Ça coûte de l’argent pour louer un local et accueillir les gens. Le KissKissBangBang n’est d’ailleurs pas très élevé (2.000 euros) car nous n’avons pas besoin de grosses sommes pour organiser ces moments. Une chose est sûre, il y a une forte demande, il suffit de voir les centaines de personnes sur notre page Facebook.