Vous avez peur de l'avion? La réalité virtuelle va vous guérir

INNOVATION Une start-up s'appuie sur cette technologie pour lutter contre cette phobie... 

Clément Carpentier

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Catherine pendant l'exercice de réalité virtuelle.
Catherine pendant l'exercice de réalité virtuelle. — Clément Carpentier

« C’est un excellent complément », lance Catherine au moment de retirer son casque de sa tête. Cela faisait 7-8 minutes qu’elle volait dans les airs… tout en étant assis sur une chaise bien ancrée au sol ! Eh oui, elle vient de tester un exercice de réalité virtuelle…

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Les simulateurs de vol inefficaces ?

Un moment un peu particulier pour cette femme qui n’a plus pris l’avion depuis 18 ans : « Je le prenais régulièrement plus jeune et à partir de la naissance de mes enfants, j’ai arrêté. Je me sentais responsable d’eux et j’ai pris peur. » À ses côtés pour débriefer, il y a Nicolas Coccolo, ancien pilote passé par l’Armée de l’Air et qui travaille maintenant dans le civil. Il parle aussi de l’angoisse des contrôles, de l’environnement d’un aéroport, de la claustrophobie dans un avion ou d’événements marquants pour justifier cette peur : « 30 % de nos clients nous parlent, par exemple, du vol Rio-Paris. ».

Démonstration d'un simulateur de vol Airbus A320
Démonstration d'un simulateur de vol Airbus A320 - C.Follana/20minutes

Il y a quelques mois, ce Marseillais a donc décidé de mettre au point cette nouvelle expérience pour aider ses stagiaires à mettre fin à leur phobie : « J’ai notamment remarqué que les simulateurs de vol ne servaient à rien. Vous êtes à la place du pilote alors que ce n’est jamais le cas dans la vie. Ce n’est pas la réalité. »

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Un vol comme si vous y étiez 

Du coup, Nicolas Coccolo a développé un stage en trois parties avec sa start-up (peurdelavion.fr). La première est technique et se passe avec lui puisqu’il « rassure les gens sur la fiabilité des appareils et leur explique comment fonctionne un avion ou quelle est la formation des pilotes. » La deuxième se déroule avec un psychologue pour comprendre d’où vient cette angoisse et des exercices de relaxations sont aussi mis en place.

Images issues de l'exercice de réalité virtuelle.
Images issues de l'exercice de réalité virtuelle. - Nicolas Coccolo

Enfin, le client, qui paie sa journée de stage 380 euros, enfile un casque pour l’exercice de réalité virtuelle. « C’est comme un vol avec un décollage, une phase de croisière et un atterrissage avec les bruits de l’avion. En revanche, il n’y a aucun incident pendant le vol pour l’instant », affirme Nicolas Coccolo. Mais dans les prochains mois, il va développer l’exercice avec différents paramètres : au-dessus de l’eau ou non, avec des incidents ou non, avec plus ou moins de personnes… Ce sont les clients qui choisiront.

Nicolas Coccolo avec Catherine lors de l'exercice de réalité virtuelle.
Nicolas Coccolo avec Catherine lors de l'exercice de réalité virtuelle. - Clément Carpentier

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Catherine, elle, semble satisfaite de sa journée. Elle trouve le stage « très efficace. J’ai perdu 90 % de mon angoisse. Je me considère comme guérie, je peux même prendre un avion d’une compagnie low-cost. » C’est son mari et surtout sa fille, installée aux Etats-Unis, qui sont ravis de la nouvelle.

Une application en plein développement

Grâce à son site, la start-up marseillaise propose aussi divers services comme une formation à distance ou un accompagnement en vol. Des services que l’on retrouve sur l’application Fofly développée par Nicolas Coccolo et son équipe, il y a quelques semaines.

L'application Fofly de la start-up.
L'application Fofly de la start-up. - Capture écran

D’ici la fin de l’année, il espère intégrer son exercice de réalité virtuelle à celle-ci pour que « les personnes travaillent sur leur peur de l’avion depuis leur canapé. Qu’ils puissent aussi échanger entre eux. » L’application, pour le moment gratuite, coûtera une dizaine d’euros dans sa nouvelle version.

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