A Marseille, le hockey progresse sans hic... Même s'il «n'y a pas beaucoup de place à côté de l'OM»

GLACE La saison écoulée permet au Marseille Hockey Club de ré-affirmer son objectif : accéder à l'élite du hockey à moyen terme...

Jean Saint-Marc

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Les Spartiates ont réussi à accéder aux quarts de finale de D2, cette année.
Les Spartiates ont réussi à accéder aux quarts de finale de D2, cette année. — Eric Peyre / MHC

Pour les hockeyeurs marseillais, mi-mars, c’est l’époque où l’on range les crosses et les patins dans le placard… La période des vacances, quoi ! La saison de Division 2 vient de se terminer pour les Spartiates de Marseille. Assez sèchement, d’ailleurs : ils ont encaissé une double raclée en quarts de finale des play-off (8-3 à l’aller, 7-2 au retour ce week-end face à Mont-Blanc).

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Le ping-pong les prive d’entraînement…

« Le score est sévère mais ça ne reflète pas la différence de niveau. On a été puni sur chacune de nos erreurs individuelles », lance le défenseur des Spartiates Nicolas Deshaies. « Je ne veux pas nous chercher d’excuses mais on a joué notre match à domicile… à Montpellier [en raison de l’organisation des championnats de France de tennis de table au Palais Omnisports], rappelle le manager Luc Tardif Jr. C’était presque comme un huis clos… Et on n’a pas pu s’entraîner normalement la semaine, le parquet avait déjà été installé sur la patinoire ! »

Une petite mésaventure (prévue hein, « on sait qu’on joue dans un Palais Omnisports », sourit Luc Tardif) qui ne gâche pas une saison réussie. « Notre bilan est positif, l’objectif était d’atteindre les play-offs », assure le manager franco-québecois. Pour l’instant, la progression du Marseille Hockey Club est parfaitement linéaire.. Fondé en 2012, le club vraiment affirmé ses ambitions en recrutant en 2014 l’international Luc Tardif, d’abord comme coach-joueur puis comme manager. Depuis, ça roule pas mal :

  • 2014-15 : Le MHC, en D3 (quatrième division, cherchez pas la logique), se renforce nettement… Et accroche la montée.
  • 2015-16 : Saison galère en D2 mais les Spartiates obtiennent leur maintien, de justesse.
  • 2016-17 (cette année, donc) : Une qualif' pour les play-offs, une victoire en huitièmes de finale et donc cette élimination en quarts de finale.
     

La feuille de route pour la suite est à peu près calée :

  • 2017-18 : L'objectif officiel, c’est « une demi-finale », mais on comprend bien entre les lignes que la montée en D1 est dans le viseur. « Quand t’es dans le dernier carré, tu veux être champion hein », souffle Luc Tardif.
  • Début des années 2020 (oui, ça devient vague) : monter en Ligue Magnus, l’élite du hockey sur glace en France. Nicolas Deshaies (sept saisons en Magnus dans sa carrière) : « Je me suis fixé comme objectif perso d’y rejouer une petite saison ! » Il a 28 ans, faut pas trop traîner…

Moins de la moitié des joueurs sont pros

Evidemment, la marche est très haute… Mais « sur cinq ans, rien n’est impossible », assure le journaliste Christian Simon, patron du site Hockey-Hebdo. « Il y aura tout de même beaucoup d’obstacles sportifs… Et il faudra avoir les reins solides niveau budget pour assumer les 22 déplacements par an de la Ligue Magnus », rappelle-t-il.

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A cœur vaillant, rien d’impossible, répondent les hockeyeurs marseillais. Pour l’instant, moins de la moitié des joueurs sont pros. Mais le club va continuer à recruter… Et les sous, alors ? « A Marseille, le bassin économique permet d’avoir de nombreux sponsors, affirme Nicolas Deshaies qui en plus d’être joueur est… responsable de la com' et des partenariats. On a une quinzaine de partenaires pour l’instant, on a doublé en six mois. L’objectif, c’est de doubler de nouveau l’an prochain ! »

1.000 spectateurs en moyenne dans une patinoire de 5.600 places

L’autre argument, c’est l’infrastructure : le Palais Omnisports du Grand Est (le Pomge pour les intimes) est la plus grande patinoire permanente de France, avec 5.600 places… Qui, bien sûr, ne sont pas toutes occupées les soirs de match : « On a en moyenne 1.000 personnes à domicile, mais ça augmente, assure Nicolas Deshaies. C’est difficile, certains Marseillais ne savent même pas qu’il y a un club de hockey ! Avec l’OM… Il n’y a pas beaucoup de place pour les autres sports ! »

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Soyons patients, lui répond son coach Luc Tardif Jr : « C’est compliqué, Bordeaux il leur a fallu quoi, six ans, sept ans ? Mais je n’ai aucun doute, c’est possible. Sinon, et je vous le dis franchement… je ne serais pas venu à Marseille. »