Marseille: Un homme qui se proclame rabbin condamné pour agression sexuelle sur mineure

JUSTICE Il a écopé de deux ans de prison avec sursis…

C.C avec AFP
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Le tribunal correctionnel de Marseille (Illustration)
Le tribunal correctionnel de Marseille (Illustration) — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Un éducateur religieux marseillais a été condamné mercredi à deux ans de prison avec sursis pour une agression sexuelle commise en mars 2012 sur une de ses élèves âgée de 15 ans, lors d’un cours de conversion à la religion juive.

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Le tribunal correctionnel de Marseille a interdit toute activité professionnelle pour une durée de dix ans à Jojo Ohayon, vendeur de textiles âgé de 49 ans et bénévole en contact avec des mineurs, et a ordonné un suivi socio-judiciaire durant quatre ans afin de prévenir tout risque de récidive.

Il a tenté de l’embrasser

« Tout ce que la victime a dit et a décrit a pu être vérifié point par point », a expliqué la procureure Audrey Martin, soulignant qu’il n’existait « aucun bénéfice secondaire » pouvant laisser penser à une éventuelle fausse accusation.

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Selon la jeune fille, le « rabbin » l’avait invitée à s’asseoir sur ses genoux, après lui avoir demandé s’il lui avait manqué. L’enseignant lui avait alors caressé les hanches, la poitrine, cherchant à glisser sa main sous son t-shirt et son pantalon. Lui tenant la mâchoire, il avait ensuite tenté de l’embrasser, avait rapporté la jeune plaignante.

Le Consistoire Israëlite de Marseille le reconnaît seulement comme éducateur religieux

Le prévenu, qui assure être reconnu comme rabbin par le tribunal rabbinique de Jérusalem, s’est, à l’audience, présenté comme victime d’un complot, d’une « manipulation exercée par un tiers pour des raisons obscures ». Joint par 20 Minutes, le Consistoire Israëlite de Marseille ne reconnaît pas cet homme comme « rabbin mais seulement comme éducateur religieux. »

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Lors de l’enquête, une autre jeune fille, qui ne souhaitait pas déposer plainte afin de ne pas être embêtée dans son processus de conversion, avait volé à la rescousse de la victime « car elle [était] traitée de folle par la clameur publique ».

Cette jeune fille avait décrit une agression identique commise un an plus tôt mais le tribunal a relaxé M. Ohayon pour ces faits. A la barre, la partie civile, aujourd’hui une jeune femme de vingt ans, a maintenu ses accusations ce qui, selon son avocate Me Virginie Sapazian, lui avait valu d’être « insultée, montrée du doigt et exclue de sa communauté ».