Bébé dans le coma à Marseille: «Il aurait été criminel de la débrancher», affirme l'avocate de la famille

INTERVIEW Le Conseil d'Etat a ordonné aujourd'hui la poursuite des soins de la petite Marwa...

Propos recueillis par Mathilde Ceilles
— 
Samia Maktouf, avocat des parents de Marwa
Samia Maktouf, avocat des parents de Marwa — Miguel Medina / AFP

C’est l’épilogue d’un long bras de fer judiciaire. Ce mercredi, le Conseil d’Etat a rejeté la demande de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille ( AP-HM) de « mettre fin aux thérapeutiques actives » et à la « ventilation » de la petite Marwa, bébé lourdement handicapé et admise à l’hôpital de la Timone depuis le 25 septembre dernier pour un virus foudroyant. L’avocate de la famille, Me Samia Maktouf, réagit.

Comment accueillez-vous cette décision de justice ?

Cette décision va dans le bon sens car elle reconnaît et recadre l’autorité parentale. Marwa est un enfant d’un an et quatre mois. Ce cas relève d’un enfant mineur, contrairement à d’autres affaires [notamment le cas de Vincent Lambert].

Vous dénoncez un acharnement de l’hôpital…

Cette enfant est dans un état de conscience minimale. Elle est consciente, réagit, pleure. Marwa a en elle la vie. Il aurait été déraisonnable, voire criminel, de la débrancher. Mes clients ne sont pas dans une « obstination déraisonnable » comme l’a reconnu le Conseil d’Etat. Oui, tout ceci est un acharnement juridique de l’hôpital, qui a plongé les parents dans un labyrinthe juridique. Ils avaient autre chose à faire que monter à Paris : ils ont une vie de famille…

Quelle a été la réaction de votre client ?

J’ai annoncé la nouvelle au papa. Sa première question a été de savoir s’il pouvait y avoir d’autres procédures. Ce à quoi je lui ai répondu que c’était définitif. Mais c’est vous dire l’état de désarroi dans lequel il vivait. Le papa est apaisé. Lui et sa femme vont enfin pouvoir se consacrer à l’amour de leur petite fille et à la vie de la famille. C’est la fin d’un combat et le début d’un autre, celui de la vie d’une petite fille handicapée.

La petite Marwa aura en effet de lourdes séquelles…

Ils en sont conscients. La maman a une formation d’aide-soignante, vous savez. Mais c’est leur choix. Ils parlent d’une même voix et se battaient pour la vie de leur fille. Marwa a le droit de vivre. C’est un droit fondamental dont elle doit jouir. Les personnes handicapées ont leur place dans la société française.