Famille emportée par la mer à Marseille: «C'est comme pour les avalanches, il y a toujours un risque»

FAITS DIVERS Une petite fille de 8 ans est toujours recherchée alors que sa soeur de 4 ans n’a pas survécu…

Clément Carpentier

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La houle était de 2,50 m ce week-end.
La houle était de 2,50 m ce week-end. — VILLALONGA KARINE

Les policiers se relaient sur le bord de mer au niveau de Madrague-de-Montredon alors que deux embarcations des marins-pompiers de Marseille continuent leurs recherches au large ce dimanche matin pour retrouver Syrine. Le corps de cette fillette de 8 ans, emporté par une vague avec son père et sa petite sœur ce samedi, est toujours introuvable.

Les policiers sont les lieux du drame.
Les policiers sont les lieux du drame. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

« Après 12 h de recherches et surtout pour un enfant, cela devient très compliqué mais il y a toujours un petit espoir » selon les secours. De l’espoir, il n’y en a malheureusement plus pour la cadette de 4 ans. Retrouvée en arrêt cardio-respiratoire, elle est décédée dans la nuit de samedi à dimanche. Leur père est, lui, toujours hospitalisé mais hors de danger.

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« Pas un endroit plus dangereux qu’un autre »

Ce drame rappelle celui d’un pêcheur de 33 ans emporté par une vague et découvert noyé début février dans les mêmes conditions météorologiques, c’est-à-dire, alerte orange aux vents violents. « En fait, c’est comme pour les avalanches. Il y a un risque, les gens sont prévenus. En amont, on ne peut pas faire grand-chose. S’il y a un drame… », explique un marin-pompier.

Au moment du drame, « les vagues passaient deux mètres au-dessus de la digue, à en croire Bastien. Je n’avais jamais vu ça ici. Un véritable coup de mer. » Cet habitant affirme, par ailleurs, que « l’endroit n’est pas plus dangereux qu’un autre ». Mais cette famille n’était ni sur le trottoir ni sur une jetée, mais sûrement sur les rochers dans une zone sauvage, selon les premières constatations.

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Très difficile à sécuriser 

Est-ce qu’elle connaissait les lieux ? Une chose est sûre, pour un pêcheur marseillais: « Quand on voit les alertes météo, on fait très très attention. Il suffit de quelques secondes d’inattention pour se faire attraper, et après, c’est fini avec la houle. » Samedi, elle était de 2,50 m avec une eau à 12 degrés.

Les vagues sur la Corniche à Marseille.
Les vagues sur la Corniche à Marseille. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Face à ce danger, que faire alors ? Prévenir, interdire, sanctionner… Des villes comme Sausset-les-Pins installent des cordons de sécurité, mais cela n’empêche personne de passer dessous et de s’approcher des vagues pour « voir le spectacle et prendre des photos » comme le fait remarquer Cindy qui habite sur la Corniche.

Des cordons de sécurité à Sausset-les-Pins.
Des cordons de sécurité à Sausset-les-Pins. - Mathilde Ceilles

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Les solutions sont donc minces car il y a des milliers d’accès à la mer le long du littoral, ce ne sont pas des plages de plusieurs kilomètres comme dans le Sud-Ouest. Pour les marins-pompiers, avec « la longueur du littoral, c’est tout simplement impossible de sécuriser les lieux. Les gens doivent faire attention et surtout respecter les consignes ! » Encore plus en cas d’alerte orange…