«Ma reconversion me prend beaucoup de temps»: Camille Lacourt, nageur «à tiers-temps»?

NATATION Le dossiste marseillais s'aligne ce week-end au Meeting Open Méditerranée, organisé par son club, le Cercle des Nageurs de Marseille...

Jean Saint-Marc

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Camille Lacourt est revenu très déçu des J.O. de Rio.
Camille Lacourt est revenu très déçu des J.O. de Rio. — O. Andersen / AFP

En théorie, ce week-end, Camille Lacourt nage à domicile. En réalité, il va retrouver une piscine qu’il ne fréquente plus souvent : celle du Cercle des Nageurs de Marseille, hôte du Meeting Open Méditerranée. C’est toujours son club, mais à 31 ans, le nageur a décidé de passer beeeaaaauuuucoup de temps à Paris cette année.

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« Ma priorité, c’est ma fille. Je la dépose le matin à l’école et vais la chercher le soir, et ça, c’est le bonheur », raconte-t-il dans un grand sourire. Enfin, on imagine, car nous l’avons interviewé par téléphone, entre un shooting en Grande-Bretagne et dix-huit (à peu près) rendez-vous pro. « C’est compliqué en ce moment, reconnaît le dossiste. Je ne suis pas beaucoup dans l’eau ! »

Piscine Molitor, conférences et cocktails

Romain Barnier, le manager du Cercle des Nageurs de Marseille (dont on connaît le franc parler) va plus loin : « Il se gère seul ! J’dirais qu’il est quoi… peut-être à tiers-temps en ce moment ! » Pas de panique. C’était prévu. A peu près.

Au retour de Jeux Olympiques frustrants (cinquième du 100m dos, derrière des nageurs « qui pissent violet »), le trentenaire a décidé de rempiler pour une dernière saison… Mais sur un rythme différent. « Avec tous les départs au Cercle [Gilot a pris sa retraite, Manaudou s’est mis au hand], je ne me sentais pas de m’entraîner deux fois par jour avec un groupe aussi jeune », confie Lacourt.

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Du coup, il vit à Paris, où il nage un peu (à Molitor, pas la plus dégueu des piscines parisiennes), s’entretient en salle et « fait des trucs plus ludiques, du squash par exemple ». Surtout, Camille Lacourt prépare sa reconversion : un boulot de conférencier en entreprise (« j’en ai fait quelques unes avec des sponsors et j’ai vu qu’il y avait un marché ! ») et un bar à cocktails à Saint-Germain. « Pour le bar, on a eu l’opportunité très rapidement, je ne pensais pas que ça se ferait aussi vite », explique le néo chef d'entreprise, qui va servir les premiers «  Sex on the Beach » fin avril ou début mai.

Pour son coach, « ça se saurait si on pouvait performer sans passer du temps dans l’eau »

« Clairement, je n’ai pas encore trouvé l’équilibre, reconnaît Lacourt. Mais j’assume mes objectifs [un podium aux Championnats du monde sur 50 m dos], je ne vais pas arriver en touriste ! »

Pour ça, il va « falloir enclencher à un moment, balance Romain Barnier. Ça se saurait si on pouvait performer sans passer du temps dans l’eau ! » Avant de se faire plus rassurant : « Lors du meeting de Nice, rien que sur ses qualités naturelles, il fait un très bon temps sur 50 mètres. Pour moi, à Marseille ce week-end, il faut faire aussi bien sur 50 et beaucoup mieux sur 100 ! »

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Le nageur confirme, et espère que ce meeting marseillais va lancer sa saison : « J’avais pensé que Nice serait un point de départ, malheureusement ce n’est pas reparti derrière. J’espère que ce sera le cas après ce meeting. C’est sûr, il va falloir passer plus de temps à Marseille, pour me couper du monde du business. » Romain Barnier l’attend : « pour le club, Camille, c’est un projet bonus. Mais depuis le temps qu’on travaille ensemble… On retrouvera facilement les réflexes ! »