Dans le Var se prépare la guerre du futur

DEFENSE Le ministre de la Défense est venu inaugurer l'immense site d'Ollioules du géant de l'industrie navale militaire ...

Mathilde Ceilles

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Jean-Yves Le Drian à Ollioules
Jean-Yves Le Drian à Ollioules — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Bienvenue dans la guerre 2.0 ! Depuis maintenant plus d’un an, la commune d’Ollioules dans le Var accueille l’entreprise de défense DCNS. A l’intérieur, un décor digne des films de science-fiction : ordinateurs, écrans tactiles et logiciels dernier cri. Ce concentré de technologie a été officiellement inauguré ce mercredi par Jean-Yves Le Drian. Mise au point.

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C’est quoi ?

L’entreprise DCNS est le leader européen du naval de défense. Le groupe français est notamment connu pour concevoir et réaliser des sous-marins. Mais le site d’Ollioules a pour vocation d’abriter l’ensemble des activités de recherche et développement du groupe, notamment en matière de numérique. Plus précisément, ce nouveau centre est consacré à la conception et l’intégration des systèmes de mission, en particulier toute l’informatique embarquée à bord des navires et sous-marins produits par DCNS.

En pratique, les ingénieurs du site ont conçu Belh@rra, une frégate entièrement numérique avec, à son bord, une multitude de technologies, de la vidéo 3D à la réalité augmentée en passant par les écrans tactiles. Sur le site d’Ollioules a été également mis au point un logiciel de pointe, baptisé Setis. Ce programme de combat destiné aux sous-marins a nécessité pas moins de 25 millions de lignes de code, soit vingt fois plus que pour la voiture connectée. Avec 30.000 échanges d’information par seconde, mises à jour chaque seconde, le logiciel est capable de détecter un avion ennemi et de le neutraliser en une trentaine de secondes seulement.

Jean-Yves Le Drian sur le site de DCNS à Ollioules
Jean-Yves Le Drian sur le site de DCNS à Ollioules - Mathilde Ceilles

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C’est grand ?

Plutôt oui : les locaux de ce site, situé sur le Technopôle de la Mer, n’occupent pas moins de 26.000 m2 de bureaux, une cafétéria, un restaurant et deux parkings. A l’intérieur travaillent 1.300 ingénieurs spécialisés dans le développement de systèmes de combat complexes équipant les navires militaires. L’entreprise DCNS a investi en tout 100 millions d’euros dans ce projet.

Et pourquoi on en parle ?

D’abord, parce que, si l’on en croit le ministre de la Défense, ces innovations en matière de défense « préparent la sécurité de la France pour demain », les technologies de DCNS développées à Ollioules étant conçu pour répondre aux besoins de la Marine nationale. Mais aussi, parce que DCNS est une entreprise qui gagne des parts de marché, notamment à l’export. Pour rappel, c’est cette même société qui avait obtenu il y a quelques mois un « méga-contrat » avec l’Australie autour de la construction de douze sous-marins.

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Bientôt un second porte-avion ? 

Alors que le Charles de Gaulle, est actuellement à quai à Toulon, pour 18 mois de rénovation, Jean-Yves Le Drian a déclaré à l'issue de cette visite que la question d'un deuxième porte-avion « pouvait se poser ».  « Elle n'est pas inscrite dans la loi de programmation militaire actuelle. Il y aura demain une autre loi de programmation militaire et peut-être que la question sera posée à ce moment-là. Il ne m'appartient pas d'y répondre maintenant », a-t-il ajouté.