OM-PSG va-t-il passionner le Japon grâce à Sakai? Le boulanger qui retransmet le Classico à Tokyo attend «cinq fans»

FOOTBALL A l’autre bout du monde et en pleine nuit, c’est déjà énorme…

Mathias Cena (à Tokyo) et Jean Saint-Marc
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On espère qu'Hiroki Sakai leur enverra un petit maillot du Classico...
On espère qu'Hiroki Sakai leur enverra un petit maillot du Classico... — V. Hache / AFP (Paint : 20 Minutes)

Il est 5 heures, Tokyo s’éveille. Les camions sont pleins de lait, les balayeurs sont pleins de balais… Et les boulangeries de supporters de l’OM ! Enfin, une boulangerie de Tokyo, celle de Roland Menot, fan de l’OM. Et pas tout à fait pleine non plus. « J’ai créé le club OM Shuriken en 2012, pour faire connaître l’OM aux Japonais, raconte à 20 Minutes le patron de la boulangerie Rolaso, dans le sud de Tokyo. Si on peut être cinq pour le Classico dimanche, ce sera bien ! »

« On a déjà fait ça dans un bar ou un karaoké, mais c’est la première fois dans la boulangerie. Et on a toujours essayé de choisir des matchs avec des horaires plus intéressants », reprend Roland, ravi de pouvoir regarder le match facilement sur Internet, sur un portail payant. « Avant il fallait bidouiller pour trouver un streaming », raconte le commerçant, qui fait l’entrée à 2.000 yens (environ 16 euros), boisson et pizza comprises (de rien pour le bon plan, certes à Tokyo mais bon…)



Roland ressent, grâce à l’arrivée de Sakai, un net regain d’intérêt pour l’OM : « sur Twitter, j’ai eu 100 followers de plus en une heure après sa signature ! » Pas de quoi, malgré tout, faire de l’OM un club ultra suivi au Japon.

Hiroki, un héros très discret

« OM-PSG est un match important, oui, mais je suis désolé de vous dire que les supporters Japonais préfèrent les championnats anglais, espagnol ou italien », assure Satoshi Hojo, ancien red' chef de Japan Soccer Magazine et figure incontournable du monde du foot nippon. « Ils suivent surtout la Ligue des Champions, et l’équipe nationale japonaise », insiste Kayako Kimura qui suit l’OM pour l’agence de presse japonaise Kyodo News.

Et Hiroki Sakai manque sans doute d’envergure pour passionner les fans nippons. Satoshi Hojo : « Ce n’est vraiment pas une star au Japon, sans doute parce que c’est un défenseur. Honda [Milan AC] ou Okazaki [Leicester], par exemple, sont beaucoup plus connus. » Et puis Sakai est un peu lisse, on peut le dire… « Il est calme et modeste, il n’a pas un caractère de star », reconnaît Kayako Kimura.



Recruter des Japonais fait vendre des maillots

Le foot est tout de même le deuxième sport le plus suivi au Japon, après le base-ball. Et les Français y ont plutôt la côte, depuis la Coupe du Monde 1998 et le passage de Philippe Troussier à la tête de la sélection. La Ligue 1 y est donc plutôt en développement, assure le journaliste et photographe Lionel Piguet, installé au Japon depuis 14 ans. « Je vois de plus en plus de maillots français, sourit-il. Surtout de Lyon ou du PSG… Mais aussi de l’OM, de Bordeaux ou de Nantes ! »

Les clubs européens sont bien conscients de cela : « Plusieurs agents m’ont expliqué que les joueurs japonais étaient considérés comme des gros travailleurs et qu’ils permettaient de vendre des maillots, d’amener un public supplémentaire qui vient du Japon. »

Avec Sakai, c’est la deuxième fois que l’OM tente le coup… Sauf que contrairement à Nakata, Hiroki est plutôt convaincant sur le terrain.

Le sera-t-il dimanche contre le PSG ? En tout cas, il a conscience de l’importance du match, assure Kayako Kimura, qui l’interroge longuement après chaque rencontre au Vélodrome : « C’est un type qui s’intéresse beaucoup à l’histoire du foot européen, il sait que le match contre le PSG, c’est un match à ne pas perdre. »

Et les stars parisiennes ne lui font pas peur : « Il nous l’a dit plusieurs fois en interview, pour lui Paris, c’est un autre monde, avec des attaquants difficiles à bloquer… Mais au moins, il les connaît ! Ce n’est pas le cas quand l’OM joue Guingamp ! »