Marseille: Un chercheur du CNRS veut envoyer une sonde sur Saturne

INSOLITE Olivier Mousis veut envoyer une sonde sur cette planète géante dont on connaît, finalement, peu de chose…

Clément Carpentier
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Olivier Mousis espère obtenir une réponse positive à la fin de l'année.
Olivier Mousis espère obtenir une réponse positive à la fin de l'année. — Olivier Mousis

C’est un peu le rêve de tout astrophysicien qui se respecte. Avoir son projet aérospatial retenu par l’ESA (Agence Spatiale Européenne) ou la NASA (Etats-Unis). Olivier Mousis, 43 ans, chercheur au LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille) et professeur à l’Université Aix-Marseille est en train de le réaliser. Son ambition d’envoyer une sonde pour étudier la planète Saturne a tapé dans l’œil de la NASA.

D’où vient votre projet ?

En 2016, l’ESA a lancé un appel d’offres pour de nouvelles missions dans l’Univers. Moi, je propose de lâcher une sonde atmosphérique, sorte de cocotte-minute, sur Saturne pour mesurer l’eau et surtout les gaz rares. Au départ, il y avait 34 projets mais aujourd’hui, nous sommes plus que dix. Je devrais avoir la réponse à la fin de l’année pour « Hera ».

C’est une sorte de cocotte-minute qui tombera sur Saturne avec l’aide d’un parachute

Qu’est-ce qu’il existe des précédents ?

Oui ! En fait, je souhaite reproduire la mission américaine « Galileo » de 1995. Ils avaient envoyé à peu près le même matériel pour analyser Jupiter. Après une chute de plusieurs centaines de kilomètres, la sonde avait fondu. Cela avait coûté quatre milliards de dollars à la NASA.

La planète géante Saturne.
La planète géante Saturne. - NASA/JPL-CALTECH/SSI

Pourquoi Saturne ?

On ne connaît pas grand-chose de cette planète géante « gazeuse ». Je voudrais essayer de comprendre son fonctionnement. Mais attention, c’est une mission sur 20 ans. Ma sonde ne devrait partir qu’en 2029-2030 et il lui faudra sept ans de voyage avant d’arriver près de Saturne.

C’est une mission sur 20 ans. J’espère que je pourrais observer les résultats avant ma retraite

Techniquement, comment cela pourrait se passer ?

La sonde sera construite en collaboration avec les ingénieurs d’Airbus. L’objectif, c’est qu’elle décolle avec une fusée avant qu’un vaisseau spatial se décroche et l’emmène jusqu’à Saturne. Là, elle sera lâchée dans le vide avec un parachute au-dessus d’elle. Ensuite, les données seront transmises à la Terre par le vaisseau. On récupère l’équivalent d’une clé USB.

La sonde sera lâchée vers Saturne à l'aide d'un parachute.
La sonde sera lâchée vers Saturne à l'aide d'un parachute. - Hera project

Comment comptez-vous financer le projet « Hera » ?

Une mission de ce type coûte un milliard d’euros aujourd’hui. Autant vous dire que cela fait cher la clé USB (rires). Alors pour réduire le prix, mon but est de la faire partir avec d’autres projets en collaboration avec les Américains. La NASA soutient ma démarche, cela ne coûterait plus que 300 millions d’euros, entièrement financés par l’Agence Spatiale Européenne.