Romain Alessandrini célèbre un but contre Monaco, en novembre 2015.
Romain Alessandrini célèbre un but contre Monaco, en novembre 2015. — B. Langlois / AFP

FOOTBALL

OM-Stade Rennais: Antonetti, Der Zak', Fournier... Ils en pensent quoi de Romain Alessandrini en MLS?

C'est beau, mais c'est loin, Los Angeles...

Ses deux derniers clubs, Marseille et Rennes, vont s’affronter samedi (17 h) au Vélodrome. Et on ne sait pas si Romain Alessandrini sera devant sa télévision pour 90 minutes de nostalgie. D’ailleurs, on ne sait pas vraiment où il est : « Il n’est pas à LA, il s’occupe de formalités pour son visa », nous a seulement répondu le staff du Los Angeles Galaxy, dont la saison commence début mars. On voulait demander au gaucher de nous expliquer son choix de rejoindre la MLS à seulement 27 ans… En attendant une hypothétique interview, on a demandé à ceux qui l’ont côtoyé ce qu’ils en pensaient.

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Les sceptiques : ses anciens entraîneurs Fournier et Der Zakarian

En 2008, Hubert Fournier repère un petit jeune prometteur au centre de formation du FC Gueugnon, qu’il entraîne et qui vient de descendre en National : Romain Alessandrini, donc. L’entraîneur, désormais sans club, a gardé un œil sur l’ailier marseillais.

Un œil plutôt sévère au moment de juger ce choix de la MLS, que l’on dit pourtant en plein développement : « Non, ça ne me semble pas particulièrement être une bonne idée ». Idem pour Michel Der Zakarian, son coach à Clermont : « OK, il y a d’anciens grands joueurs qui évoluent en MLS, mais le degré de compétitivité n’est pas conforme à ce qui se fait en Europe. Il a l’âge pour jouer dans un bon club européen. »

Cet hiver, des rumeurs, plutôt vagues, envoyaient Alessandrini à Saint-Etienne, à la Lazio ou au Genoa… Il a donc choisi Los Angeles, qui le draguait depuis plus de six mois. Pour se relancer ? Hubert Fournier n’y croit pas. « Pour moi, on ne revient pas en Europe par la grande porte après la MLS. A part quand on s’appelle Beckham et que c’est pour le marketing ! »

L’un des plus enthousiastes : son ancien coéquipier Sloan Privat

« C’est un aventurier, Romain », se marre le Guingampais Sloan Privat, qui a formé un duo de feu avec Romain Alessandrini à Clermont en 2010-2011 (sept passes D d’Alessandrini… toutes pour Privat !). Selon lui, son ex-coéquipier vient de faire « un très bon choix. C’est quelqu’un qui a envie de découvrir des choses, il n’a pas peur de partir. Los Angeles, la ville, le climat, les Etats-Unis… C’est sûr que ça fait rêver ! »

L’un des plus dépités : son ex-partenaire Hérita Ilunga

Si l’ancien latéral gauche, reconverti consultant pour SFR Sport, n’a disputé que trois matchs aux côtés d’Alessandrini (au Stade Rennais en 2012-2013), il a pu se rendre compte du niveau « assez exceptionnel » atteint par le Marseillais. « Il a été sélectionné en équipe de France, et c’était mérité », rappelle Ilunga.

D’où un certain désenchantement à l’annonce du transfert du milieu offensif outre-Atlantique. « Je suis déçu dans la mesure où il avait encore le niveau pour évoluer dans un championnat majeur. C’est dommage de partir aussi jeune. Je sais qu’il avait un goût assez prononcé pour les Etats-Unis, mais je ne pensais pas qu’il allait faire le pas aussi rapidement. »

Ceux qui attendent de voir : les plus nombreux

« C’est aussi un choix de vie, complète Frédéric Antonetti, son entraîneur à Rennes. La MLS ? Tout le monde dit que c’est le futur, mais je me garde bien de porter un jugement sur des choses que je ne connais pas. »

Plan-de-Cuques, son tout premier club, on reste également prudent. « Une carrière, c’est court, évidemment il y a la question de l’argent… Mais je ne peux pas me mettre à sa place », lâche le président Hervé Boyreau. Clairement, il aurait préféré que son ancien U11 explose enfin à l’OM. « Qu’il prouve ses qualités à ses détracteurs ! C’est un gars qui a tellement été pénalisé par les blessures. » Pour mémoire, son palmarès : ligaments croisés du genou gauche en 2009, droit en 2013, entorse de la cheville en 2014 et souci à la voûte plantaire en 2015.

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Alessandrini a aussi été victime de la pression marseillaise, forcément. « L’OM ne l’avait pas conservé après la préformation, se souvient Hubert Fournier. Romain avait une énorme envie de revanche. Il voulait beaucoup prouver, ça a sans doute compliqué les choses. » A Los Angeles, c’est certain, il sera beaucoup plus tranquille. Vous avez déjà entendu parler du « contexte américain », vous ?