Macron en Paca: Des élus de gauche ne savent plus où donner de la tête

POLITIQUE Emmanuel Macron sera à Carpentras et Toulon dans les prochains jours pour parler sécurité... 

Clément Carpentier

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Francis Adolphe, Lisette Narducci et Samia Ghali (de gauche à droite).
Francis Adolphe, Lisette Narducci et Samia Ghali (de gauche à droite). — Photo AFP (montage 20 Minutes)

C’est un peu le jeu du chat et de la souris entre Emmanuel Macron et les élus de gauche. Et notamment depuis la victoire de Benoît Hamon lors de la primaire. Si très peu osent prendre position publiquement car « ils attendent de voir qui peut gagner », les tractations vont bon train en coulisse.

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Ceux qui ont quitté le PS, mais restent « libres »… 

On s’observe, on décortique, on analyse… Pas question de miser sur le mauvais cheval à quelques semaines de l’élection présidentielle. Alors pour ne pas se tromper, « on reste libre et on se consacre à la vie locale » comme le maire de Carpentras, Francis Adolphe. Si ce vendredi, il accueillera bien le leader du mouvement En Marche ! dans sa commune, « le non-renouvellement de sa carte au Parti Socialiste n’a aucun lien avec un possible soutien à Emmanuel Macron ».

D’ailleurs, il affirme qu’il « recevra tous les candidats dans sa ville à part Marine Le Pen. » A-t-il reçu des pressions de la direction du PS lors de son départ ? « Absolument pas ! », répond celui qui parle de « choix personnel » tout en reconnaissant être sensible aux propositions sur l’entreprise de l’ancien ministre de l’Economie. Il attend maintenant les suggestions de ce dernier sur la sécurité. Ça tombe bien, Emmanuel Macron sera à Carpentras pour ça. Comme de nombreux élus, Francis Adolphe sera très attentif car « aujourd’hui, des socialistes dans le coin qui hésitent, il y en a beaucoup ».

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Ceux qui sont toujours au parti mais ont un faible pour Macron…

S’ils sont encore peu à avoir abandonné temporairement leur carte du PS, ils sont beaucoup plus nombreux à être dans la position de Samia Ghali. C’est-à-dire, trivialement, le cul entre deux chaises. « Je refuse de quitter ma famille politique mais je partage beaucoup de choses avec Emmanuel Macron comme ce qu’il a dit sur l’Algérie cette semaine. Je discute avec lui. Il fait la synthèse à la place du PS », explique la sénatrice-maire du 15e et 16e arrondissements de Marseille.

Ce sont souvent des élus qui ont voté pour Manuel Valls lors de la primaire de la gauche et qui n’adhèrent pas au programme de Benoît Hamon. Par exemple, Samia Ghali « n’apportera pas son parrainage au candidat socialiste, s’il maintient sa proposition de légaliser le cannabis ».

Mais attention pour ces élus encore encartés, la situation est périlleuse. En effet, Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, a mis la pression en affirmant que « ceux qui parraineront Emmanuel Macron seront exclus du PS ».

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Ceux qui ont déjà choisi, ce sera En Marche !

Le plus célèbre d’entre eux à « avoir franchi la ligne rouge » est Gérard Collomb, le maire socialiste de Lyon. Mais derrière lui, on reste pour l’instant au Parti Socialiste. Au contraire du Parti radical de gauche où presque tous les élus ont déjà rejoint l’ancien ministre de François Hollande. À l’image de Lisette Narducci, maire du 2e et 3e arrondissements de Marseille : « Mon choix, il est clair. Je ne me retrouve pas du tout dans le programme de Hamon. À l’inverse, je suis prêt à défendre celui d’Emmanuel Macron. »

Lisette Narducci, maire du 2e et 3e arrondissement de Marseille.
Lisette Narducci, maire du 2e et 3e arrondissement de Marseille. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Elle a aussi pris cette décision car elle ne veut pas « avoir le tournis et le pas n’était pas très grand ». D’ailleurs, Lisette Narducci appelle ses camarades socialistes « à faire un choix rapidement. Ce sont des élus, ils doivent s’afficher, s’affirmer et prendre leur responsabilité car la menace FN existe ». Encore faut-il savoir ce que l’on veut…

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