Aix-en-Provence : La maire devra s’expliquer devant le tribunal correctionnel sur deux affaires

JUSTICE Double embauche d’une collaboratrice et promotion de son chauffeur : Maryse Joissains-Masini se retrouve devant le tribunal correctionnel…

G.D. avec AFP

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Maryse Joissains-Masini, en 2014.
Maryse Joissains-Masini, en 2014. — P. Rigaud / SIPA

On reproche à l’élue l’embauche d’une collaboratrice en charge de la maltraitance animale et la promotion éclair de son chauffeur au rang d’attaché territorial de cadre A. Maryse Joissains-Masini, maire (LR) d’Aix-en-Provence, a été renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts, apprend-on, ce samedi, de source judiciaire, confirmant une information de France 3 Provence-Alpes.

Lettre anonyme

L’ordonnance de renvoi lui a été signifiée, cette semaine, par le juge d’instruction aixois Marc Rivet, qui a conduit cette enquête ouverte après la réception par le parquet d’Aix-en-Provence, le 1er mars 2012, d’une lettre anonyme. A 74 ans, l’élue, également présidente de la Communauté du Pays d’Aix, avait été mise en examen en avril 2014.

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Maire depuis 2001 et députée de 2002 à 2012, elle avait exigé de la commission administrative paritaire du 11 avril 2013 la promotion d’Omar Achouri, son chauffeur, alors qu’il figurait à la cinquantième place sur une liste dressée par ordre de mérite. Maryse Joissains-Masini avait justifié cette décision par « le nombre d’heures de travail fournies et ce qu’il a subi lors de la précédente municipalité » socialiste.

Possible détournement de fonds publics

La cour administrative d’appel de Marseille a confirmé, le 27 décembre dernier,  l’annulation de l’arrêté par lequel la maire avait nommé Omar Achouri en qualité d’attaché territorial. Aux yeux du juge d’instruction, ces faits seraient constitutifs d’une prise illégale d’intérêt.

Maryse Joissains-Masini aura également à s’expliquer sur l’embauche à son cabinet de la Communauté du Pays d’Aix d’une militante de la cause animale. Selon l’enquête, les missions de cette collaboratrice recoupaient celles déjà remplies par un service municipal et n’entraient pas dans les compétences communautaires.

La rémunération de cette salariée est analysée par le juge d’instruction comme un possible détournement de fonds publics. Maryse Joissains-Masini a toujours rétorqué qu’elle disposait de quatre postes de cabinet discrétionnaires et avait donc toute latitude pour les recruter et en fixer les missions.