Marseille: Souriez, vous êtes (aussi) filmés par la police municipale

SECURITE La mairie doit voter, ce lundi, une délibération pour installer des « caméras-piétons » sur ses agents...

Clément Carpentier

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Ces caméras-piétons se portent au niveau du torse.
Ces caméras-piétons se portent au niveau du torse. — JACQUES DEMARTHON

Cela devient impossible d’échapper aux caméras à Marseille. Après en avoir installé près de 1.000 dans les rues de la ville et équipés la police nationale de caméras individuelles, c’est au tour de la police municipale de s’y mettre. L’expérimentation commencera au début de l’été prochain. C’est la première grande ville à expérimenter ce dispositif avec ses agents.

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Comment ça marche ?

C’est assez simple. Cela fonctionne, en réalité, comme une GoPro. Le policier la fixe au niveau de son torse à l’aide d’un harnais. Il la « déclenche quand il commence un contrôle ou une interpellation et doit « prévenir la (ou les) personne(s) », selon l’un d’entre eux. Elle ne filme pas en continu.

Lors de l’intervention, la personne qui fait face aux agents peut voir les images sur un petit écran sous la caméra. « Elles sont collectées dans un système sécurisé et seront seulement utilisées si les choses se passent mal », détaille Caroline Pozmentier, adjointe à la mairie de Marseille chargée de la sécurité.

À quoi ça sert ?

Cette dernière est en pointe sur le sujet et rappelle que « cela faisait un an » qu’elle « attendait la sortie de décret (fin décembre 2016). » Cette « caméra piéton » sert avant tout à garder une preuve matérielle pour la justice en cas d’incivilités ou d’infractions contre les policiers.

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Pour Jean-Claude, un Marseillais, c’est « une très bonne idée car cela va faire baisser la tension. On évite au moins les mauvaises interprétations. Ce n’est plus paroles contre paroles. » Caroline Pozmentier rappelle, d’ailleurs, que les policiers municipaux pourront aussi être mis en cause en cas de mauvais coups ou de paroles déplacées envers un individu.

Quels sont les résultats ?

L’avantage pour la ville de Marseille aujourd’hui, c’est qu’elle ne part pas dans l’inconnu. Certaines patrouilles de la police nationale (notamment à VTT) portent ce système depuis trois ans. Il y a donc un retour d’expérience. Selon un policier, avec ce matériel, « les gens discutent beaucoup moins. Ils obtempèrent tout de suite car ils savent qu’en cas de refus ou que le contrôle dégénère, il y a une preuve. »

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Pour Marie, une habitante, « l’on ne peut plus rien faire sans être filmé. En plus, l’agent déclenche la caméra quand il veut. C’est un peu facile. » Mais les faits seraient là à en croire Caroline Pozmentier : « On note une baisse des incivilités envers la police », tout en rappelant qu’elle « n’est pas une escalade sécuritaire. » En tout, une centaine de « caméras piétons » va être commandée pour la police municipale de Marseille, pour un coût de 90.000 euros.