Bouches-du-Rhône: La cocaïne de plus en plus à la mode

DROGUE Les forces de l'ordre enregistrent une hausse significative de kilos saisis ... 

Mathilde Ceilles

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Illustration de cocaïne.
Illustration de cocaïne. — C. Villemain / 20 Minutes

Alors que des élus marseillais ont appelé à une légalisation du cannabis il y a quelques semaines dans le Journal du Dimanche, la préfecture de police a communiqué les statistiques du trafic de stupéfiants dans les Bouches-du-Rhône en 2016. Avec des résultats plutôt surprenants…

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Les saisies de cocaïne explosent

Véritable tendance pour cette année 2016, la police judiciaire doit faire face à un rapide développement de la cocaïne sur le département, qui constitue le deuxième trafic de la région, derrière la résine de cannabis. Seuls 46 kg de cocaïne avaient été saisis en 2015 dans les Bouches-du-Rhône, contre 213 en 2016, soit une hausse de plus de 360 %. « Les équipes du narcobanditisme se tournent de plus en plus vers ce type de produits car il est beaucoup plus rémunérateur », avance Eric Abella, directeur interrégional de la police judiciaire des Bouches-du-Rhône.

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Ces mêmes réseaux semblent également s’intéresser de près à l’herbe de cannabis, avec « des trafiquants spécialisés uniquement sur ce produit », précise Eric Abella. Ainsi, 355 kg ont été saisis en 2016, contre 177 en 2015.

Une production locale 

Autre nouveauté : la production se fait désormais de plus en plus sur place, avec notamment des cultures clandestines d’herbes, dite « indoor ». Une tendance que l’on retrouve également pour la première fois pour la cocaïne, puisque les forces de l’ordre ont constaté le développement d’une production locale de cocaïne de synthèse, particulièrement nocive. Une saisie de 73 kilos a été ainsi réalisée au mois de juin 2016 sur le secteur de Gardanne, aboutissant au démantèlement d’un réseau de narcobanditisme local.

Le « bien-être des gens des cités » en jeu

Erigée au rang de priorité absolue, « l’activité des services lié aux stups est en forte hausse, mais de là à dire que c’est lié à une hausse des trafics, difficile à dire »… confie Laurent Nuñez, préfet de police, qui se réjouit du démantèlement de 58 réseaux de trafic de drogue en 2016.

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Et d’ajouter : « Derrière le trafic de stupéfiants se trouve le bien-être des gens des cités. Le cœur de notre action est de rendre ces quartiers plus vivables. » En effet, toute substance confondue, 66 % des mis en cause dans ce type de trafic sont issus d’une ZSP (zone de sécurité prioritaire), soit une hausse de 6 points par rapport à 2015.