Bébé dans le coma à Marseille: La justice doit trancher sur l'arrêt des soins ou non

EUTHANASIE Les parents de ce bébé plongé dans un coma artificiel réclament son maintien en vie, contrairement au corps médical…

avec AFP

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Marseille le 26 mai 2011 - L'h™pital de la Timone
Marseille le 26 mai 2011 - L'h™pital de la Timone — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Les juges qui doivent trancherpour ou contre la poursuite des soins de la petite Marwa, un bébé d’un an plongé dans un coma artificiel à Marseille, ont entendu lundi les arguments inconciliables des parents et du corps médical.

« Il faut lui laisser la chance de vivre », a déclaré devant le tribunal administratif de Marseille le père de la fillette, Mohamed Bouchenafa, originaire de Nice. « Quand je la regarde, on voit qu’elle veut vivre. Ce n’est pas un enfant qui veut partir », a-t-il poursuivi en l’absence de son avocate, Me Samia Maktouf.

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Une « obstination déraisonnable des parents » selon l’hôpital

« Sur le terrain judiciaire, vous n’aurez pas d’autre choix » que de valider l’arrêt des soins, « en présence de lésions irréversibles et d’une obstination déraisonnable des parents », a rétorqué l’avocat de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), Me Olivier Grimaldi.

Si ce n’est pas le cas, « ce sera une décision humaine que l’AP-HM comprendra », a-t-il ajouté, soulignant cependant qu’il faudrait alors « réquisitionner » les médecins dont « le serment et l’éthique propre et personnelle » s’opposent à faire de nouveaux actes médicaux pour cette fillette.

Un « dilemme éthique »

Début novembre 2016, les médecins de l’hôpital de la Timone décidaient d’arrêter les traitements et de débrancher l’appareil respiratoire qui maintient cette petite fille en vie. Les parents, qui font part de leur combat sur Facebook, avaient saisi la justice administrative en référé, et les juges avaient ordonné une expertise sur son état, avant de trancher.

Début janvier, l’expertise concluait à des « séquelles irréversibles » et un « handicap majeur » mais ne tranchait pas le « dilemme éthique » de la poursuite des traitements. Ils mettaient en garde sur la difficulté d’évaluer la douleur ressentie par le bébé s’il était maintenu en vie. Lundi, le tribunal a entendu de nouveau les deux parties, et mis son jugement en délibéré.

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Un virus foudroyant

« Cela fait quatre mois que je suis avec ma fille, je ne pense pas que ses mouvements soient des réflexes », a encore affirmé le père de Marwa.

L’avocat de l’AP-HM a de son côté déploré la « remise en cause de l’équipe médicale », et souligné que le tribunal était face à une « question éthique qui le dépassait » : « le consentement des parents doit-il primer » sur l’avis des médecins ?.

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Dans la loi Léonetti sur la fin de vie, « en aucun cas le consentement des parents n’est requis », a-t-il plaidé, affirmant que « l’information et l’accompagnement de la famille », dont le bébé a été admis le 25 septembre, atteinte d’un virus foudroyant, avaient été effectués dans les règles par l’hôpital de la Timone.