Marseille: Les migrants dénoncent «les promesses non-tenues» du préfet

IMMIGRATION Ils ont manifesté devant la préfecture de police pour pointer les nombreux blocages administratifs…

Clément Carpentier

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Les migrants se sont rassemblés devant la préfecture.
Les migrants se sont rassemblés devant la préfecture. — Clément Carpentier

Omar, Lamine et Dabo sont réunis derrière la même banderole ce lundi midi : « Préfet ! Respecte les promesses de Calais ! » Pourtant, ces trois jeunes hommes, l’un originaire du Soudan et les deux autres de la Guinée, ne se sont jamais croisés de leur vie.

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La loi Dublin toujours appliquée ?

Mais depuis quelques mois, ils sont dans la même galère. Et aujourd’hui, ils veulent se faire entendre car « ils désespèrent face à leur situation qui ne change pas. » Avec le soutien de plusieurs associations, ils tentent donc le coup de force face à la préfecture. « On nous avait promis la fin des procédures de Dublin en quittant Calais. Mais, c’était un mensonge », s’énerve Omar.

Omar est passé par Calais avant de rejoindre Marseille.
Omar est passé par Calais avant de rejoindre Marseille. - Clément Carpentier

Comme beaucoup de migrants, ce soudanais espérait obtenir le statut de réfugié en CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation). Aujourd’hui, ces espoirs en ont pris un coup car selon lui les opérations « dublinage » continue. C’est-à-dire que les autorités obligent toujours certains migrants à retourner dans le pays par lequel ils sont rentrés en Europe pour obtenir un visa ou le droit d’asile.

Cette affiche représente les traces d'empreintes qui obligent les migrants à quitter la France.
Cette affiche représente les traces d'empreintes qui obligent les migrants à quitter la France. - Clément Carpentier

Aucun échange avec les autorités sur leur situation

« Nous, on ne veut surtout pas retour en Italie. On ne parle même pas la langue. Il n’y a rien là-bas. Ils nous ont forcés à mettre nos empreintes. On veut vivre en France ! », explique Lamine et Dabo, qui vivent hors CAO dans un squat depuis 5 mois. Problème, ces deux Guinéens affirment n’avoir aucun échange avec les autorités. Ils ont simplement un rendez-vous mensuel pour prolonger à chaque fois d’un mois leur autorisation de rester sur le territoire français.

Les migrants dénoncent les expulsions à cause de la loi de Dublin.
Les migrants dénoncent les expulsions à cause de la loi de Dublin. - Clément Carpentier

Une situation « très dure, pour Omar, on ne nous propose rien ici à Marseille. J’ai des amis dans d’autres CAO en France, ils ont tous obtenu des visas et ils vont pouvoir faire leur demande d’asile. » Pour faire bouger les choses, les migrants ont d’ailleurs écrit eux-mêmes une lettre au préfet des Bouches-du-Rhône.

Près d'une soixante de personnes sont venues en soutien.
Près d'une soixante de personnes sont venues en soutien. - Clément Carpentier

De son côté, le Collectif Soutien Migrants 13 dénonce « les promesses non tenues et les expulsions » et cherche à « casser la loi du silence » autour de ces personnes qui vivent avec 370 euros par mois (allocation temporaire d’attente). Elle affirme aussi que de plus en plus de migrants repartent vers le nord et que « de nouveaux camps se construisent autour de Lille. »

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Marseille n’est pas un cas à part selon les autorités

La préfecture, elle, reste droite dans ses bottes. Elle assure qu’il « n’y a eu aucune reconduite à la frontière pour les personnes accueillies en CAO depuis le démantèlement de la jungle de Calais. » En revanche, difficile de savoir si c’est la même chose pour les migrants qui vivent en dehors de ces centres.

Des affiches déployées par les migrants.
Des affiches déployées par les migrants. - Clément Carpentier

Selon les autorités, il n’y a pas plus de problèmes à Marseille qu’autre part. Toutes les personnes « ont été reçus après les procédures sont souvent très longues. » En tout, il y a dans les Bouches-du-Rhône, 246 places pour les migrants dans les Centre d’Accueil et d’Orientation.

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