OM: «Je suis là pour lui dire de se bouger tous les jours», Julien Lopez veille sur son petit frère Maxime

PORTRAIT L’attaquant de Consolat (National) a été formé mais pas conservé par Montpellier, qui affronte l’OM au Vélodrome ce vendredi (20h45)…

Jean Saint-Marc

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Julien Lopez couve son frère Maxime du haut de ses 24 ans.
Julien Lopez couve son frère Maxime du haut de ses 24 ans. — J.S.-M. / 20 Minutes

Son dernier match est un peu à l’image de sa saison. Contre Avranches (victoire 2-1 de Consolat), Julien Lopez s’est créé deux grosses occases, a provoqué un penalty mais en a aussi manqué un… Avant de finir le match en boitant, victime d’un mauvais coup. « Je manque de confiance, je suis souvent blessé cette année », se désole l’attaquant, auteur d’une grosse saison 2015-2016.

Comme toute l’équipe, qui a difficilement digéré la montée ratée de l’an dernier, Julien Lopez « est un peu en dents de scie en ce moment, raconte le  directeur sportif de Consolat, Djamal Mohamed. Mais il va revenir très fort. C’est un super joueur, très différent de son frère dans le style. »

Il n’y a aucune jalousie. Maxime, c’est mon petit frère, c’est presque mon deuxième fils !

Son frère. Nous y voilà. Julien Lopez, 24 ans, est le frangin et le coloc' de Maxime, pépite de l’OM, un des milieux de terrain les plus prometteurs de Ligue 1. Julien, lui, bosse dur en National et rêve secrètement d’une montée au printemps (Consolat est 12e du classement, à cinq points du podium). Sinon, il espère accrocher un jour « une Ligue 2 ou un club à l’étranger ».

Alors, elle n’est pas trop pénible, la comparaison avec son cadet, chouchou des médias et des supporters ? « Franchement, il n’y a aucune jalousie, que de la fierté. C’est mon petit frère, c’est comme si c’était mon deuxième fils », lâche dans un grand sourire le papa d’un petit de quatre ans.

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« Mon expérience doit lui servir. Je suis là pour lui dire de se bouger tous les jours, de travailler énormément à l’entraînement », précise Julien, qui mieux que tout le monde sait qu’il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne (ce que les latinistes/frimeurs disent pour rappeler que la gloire ne dure qu’un temps).

Un CV idéal pour éviter que le petit frère ne prenne le melon

A 19 ans, après cinq ans au centre de formation de Montpellier, Julien Lopez ne signe pas de contrat pro. « Il avait des qualités mais il y a eu embouteillage à son poste », se souvient Bruno Lippini, qui l’a entraîné en U19. Son ancien coach pointe aussi « un manque de maturité et de potentiel physique », ce que ne nie pas l’attaquant : « Je n’ai peut-être pas fait tout ce qu’il fallait. T’as 19 ans à Montpellier, une ville étudiante… Je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais d’être dans un centre de formation. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû avoir plus faim. »

Le CV de Julien Lopez.
Le CV de Julien Lopez. - Capture d'écran Transfermarkt

Il le réalise très vite. Le jeune homme file chez les amateurs de l’US Albi, en CFA. Six mois d’hiver dans cette petite ville du Tarn où l’attaquant, sans contrat fédéral, découvre la vraie vie, « les entraînements le soir à 18 heures avec des adultes, l’appartement, plus personne qui lave tes affaires », se marre-t-il aujourd’hui, avec le recul. « Il était largement au-dessus du niveau, Albi lui a permis de rebondir », raconte un dirigeant, qui (décidément) se souvient d’un gars sympa « qui donnait un coup de main le mercredi aprèm' à l’école de foot ».

C'est promis, Maxime « ne s'enflamme pas »

Dès janvier, Julien Lopez signe à Consolat, alors en CFA. Il retrouve sa ville natale. Mais nouvelle galère : Albi étant dans la même poule que les Marseillais, l’attaquant ne peut disputer la fin de saison. Si l’on ajoute à ça un an et demi compliqué à Fréjus, avec pas mal de soirées passées sur le banc… Ça fait le CV idéal pour éviter des crises de melon au (brillant) Maxime Lopez. « De toute façon, il a la tête sur les épaules, nous assure Julien. Il ne s’enflamme pas. C’est sa troisième année pro, il a traversé des moments difficiles, il a été écarté du groupe pro… Faut pas croire qu’il est arrivé et qu’il a joué comme ça en Ligue 1 ! »

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Alors que le cadet va affronter en cinq jours Montpellier et Lyon, Julien Lopez se prépare lui à un long voyage vers la Normandie… Sa blessure au genou devrait être guérie mardi pour affronter Quevilly en 16e de finale de Coupe de France. « Le reste de l’équipe va y aller directement depuis Sedan qu’on affronte samedi. Je ne sais pas trop comment je vais faire. En général, on fait les déplacements en train. Quand on a connu le bus… C’est du luxe ! »