Marseille: BMX, pousse-pousse et Najat Vallaud-Belkacem… les vœux acrobatiques à la presse de Jean-Claude Gaudin

POLITIQUE Du haut de ses 77 ans, le maire de Marseille a présenté ses vœux à la presse en grande pompe, taclant au passage le gouvernement...

Mathilde Ceilles

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Jean-Claude Gaudin au cours de la cérémonie
Jean-Claude Gaudin au cours de la cérémonie — Mathilde Ceilles

C’est un véritable show que Jean-Claude Gaudin a proposé pour la traditionnelle cérémonie des vœux à la presse ce lundi.

Dans l’immense J1, des dizaines de pousse-pousse attendaient les journalistes pour les conduire jusqu’à une démonstration de BMX et autres acrobaties de rollers, dans le skate-park monté de toutes pièces pour l’occasion.

Puis, le maire a fait lui-même son arrivée en pousse-pousse, à quelques mètres des deux graffeurs qui, tout au long de la cérémonie, ont peint la vue imprenable sur le port depuis ce hangar portuaire.

Des graffeurs étaient présents.
Des graffeurs étaient présents. - Mathilde Ceilles

Un message au gouvernement

Peu d’annonces ont été faites au cours de cette traditionnelle cérémonie. Après un passage en revue sur écran géant des événements sportifs accueillis par la mairie de Marseille en 2016, le maire Les Républicains a notamment taclé dans son discours le gouvernement socialiste en place.

S’indignant des baisses de l’Etat, Jean-Claude Gaudin a appelé le nouveau Premier ministre Bernard Cazeneuve à tenir « les promesses du précédent Premier ministre à notre égard. Il en va du devoir de l’Etat de permettre à la métropole de disposer des aides indispensables à la concrétisation des chantiers ! » Et de s’emporter un peu plus tard : « Nous devons être traités comme la deuxième ville de France, à commencer par le gouvernement ! »

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Adieu le Sénat 

Interrogé sur son avenir politique, celui qui est à la fois maire, président de métropole et sénateur est revenu sur le « couperet » de la fin du cumul des mandats. Jean-Claude Gaudin a ainsi confié avoir l’intention d’abandonner son siège de sénateur en mars prochain. « La première chose que je quitterais, c’est la Haute Assemblée, où je siégeais depuis 28 ans. Je ne partirai pas sans un pincement au cœur. Mais j’ai toujours dit que je choisirai Marseille. »

Quant à sa succession à la mairie de Marseille, l’édile est resté évasif, esquivant la question d’une éventuelle primaire. « Deux, trois hommes pensent pouvoir me remplacer… et même un peu plus de femmes ! »

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Téléphérique et Mistal

Concernant le transport, le maire a confirmé sa volonté de construire un téléphérique au sein même de la cité phocéenne. « Nous lançons actuellement les études de faisabilité d’un téléphérique pour relier le Vieux-Port et le site de Notre-Dame de la Garde, qui reçoit chaque année 2 millions de visiteurs. Ce mode de transport doux permettra de désengorger ce secteur et de réduire la pollution tout en offrant un nouvel objet dʼattraction. »

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Mais alors que la mise en place d’une vignette antipollution est au cœur des débats, le maire a balayé le problème d’un revers de la main. « A Marseille, le Mistral nous dégage de temps à autre de toutes les impuretés dans le ciel ! »

Ecoles et dérapage

Revenant sur la polémique autour des écoles insalubres de la cité phocéenne, le maire a dénoncé un « coup politique réussi » de ses adversaires. Mais en digressant sur la réforme des rythmes scolaires – « les ministres de l’Education nationale m’ont tous parlé sauf Peillon qui m’a ignoré de toute sa hauteur » –, le maire s’est livré à une analyse ambiguë.

Confiant avoir pour projet d’instaurer ces TAP le vendredi après-midi, le maire a raconté avoir livré ce raisonnement à la « belle Vallaud-Belkacem » : « Qu’est-ce que nous constatons ? Les enfants un peu fortunés, l’hiver, vont au ski, et l’été aux bassins municipaux ou à la mer. Restent les enfants de l’immigration, qui sont récupérés dans les 72 mosquées et lieux de prière des musulmans à Marseille. » Et de conclure : « Est-ce que le catéchisme est vraiment républicain ? Je n’en sais rien… »