Le tueur d'Istres «décrit les faits comme un jeu vidéo», estime un psychiatre

JUSTICE Il souffrirait d’un « trouble de la personnalité » qui altère sa perception entre le réel et l’imaginaire…

C.C avec AFP
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Karl Rose lors de son procès.
Karl Rose lors de son procès. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Karl Rose, jugé devant les assises d'Aix-en-Provence pour avoir tué trois personnes à Istres à la kalachnikov en 2013, a des « difficultés à distinguer ce qui est réel de ce qui imaginaire », a estimé ce mardi un expert psychiatre.

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« Quand il parle des faits, il les décrit comme un jeu de "shooting" », explique Frédéric Meunier, parlant de « capacités de perception et d’interprétation de la réalité » déficientes chez l’accusé.

Un trouble de la personnalité ? 

Le psychiatre, qui a évalué avec un confrère à deux reprises en 2013 et 2014, Karl Rose, écarte toute maladie mentale, toute « psychopathie », « perversité » ou tout « trouble anxieux majeur ». Il a en revanche perçu des « signes en faveur d’un trouble de personnalité (…) de nature schyzoïde » (détachement par rapport aux relations sociales) chez l’accusé, qui dispose par ailleurs « d’un niveau verbal plutôt supérieur à la normale ».

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« On ne parle pas d’abolition du discernement », assure-t-il. « Il y a une atteinte de la perception (…) pour autant il n’y a pas d’atteinte intellectuelle. Il était capable de savoir que ce qu’il faisait était violent et il pouvait se déterminer. »

Sa place n'est pas en hôpital psychiatrique selon les experts

De nombreuses vidéos d’actes violents et gratuits, réels ou factices mais réalistes, ont été retrouvées sur son ordinateur, montrant par exemple des enfants écrasés par un char ou un bébé découpé. Selon le psychiatre, l’altération de la perception entre le réel et l’imaginaire et « l’excitation face à des choses qui sont violentes » sont des symptômes de son trouble de personnalité.

Il estime que sa place n’était pas en hôpital psychiatrique. « Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais besoin d’hospitalisation, mais la question ne se posait pas quand nous l’avons examiné », détaille-t-il.

Lundi, une experte psychologue, Régine Roquigny-Deure, avait également noté, lors de son évaluation, « une capacité intellectuelle à reconnaître les faits » mais une « absence d’émotion » chez l’accusé, qui avait « une altération du rapport à la réalité et du rapport à l’autre ». « Il a très mal utilisé son intelligence, peut-être qu’il est trop intelligent », a-t-elle estimé.