Boues rouges: Plusieurs recours en justice contre la dérogation accordée à Alteo

ENVIRONNEMENT Pour contester contre le délai de dérogation de six ans, accordé par l’Etat à l’usine Alteo de Gardanne, pour mettre ses rejets liquides aux normes…

C.C avec AFP

— 

Les "boues rouges", issues des résidus de bauxite, sur le site de MangeGarri, près de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre 2010
Les "boues rouges", issues des résidus de bauxite, sur le site de MangeGarri, près de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre 2010 — Anne-Christine Poujoulat AFP

Des associations écologistes ont saisi le tribunal administratif de Marseille pour contester le délai de dérogation de six ans accordé par l’Etat à l’usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour mettre ses rejets liquides aux normes.

6 ans, c'est beaucoup trop pour les associations

Sea Sheperd, Surfrider et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) demandent l’annulation « pure et simple » de l’arrêté préfectoral du 28 décembre 2015, « afin que les rejets cessent et que la Convention de Barcelone qui vise à protéger la Méditerranée soit respectée ».

>> A lire aussi : Marseille: Des manifestants adressent un «carton rouge» à l'usine Alteo

L’association France Environnement (FNE) demande quant à elle une réduction du délai de dérogation de six ans accordé par l’Etat à l’usine Alteo pour mettre ses rejets aux normes. « L’industriel et ses prédécesseurs ont rejeté depuis 1967 pas moins de 20 millions de tonnes de boues toxiques dites boues rouges », dans les calanques entre Marseille et Cassis, poursuit FNE.

La justice a déjà rejeté des recours 

De son côté, Alteo affirme avoir modifié ses procédés et ne rejette plus qu’un liquide filtré, qui a abouti à une réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99 %. Mais les opposants continuent de les considérer comme polluant.

>> A lire aussi : Marseille: Alteo ouvre ses portes pour changer son image

En février 2016, le tribunal administratif a rejeté un référé déposé par ces associations. Le juge a considéré que « les études et mesures complémentaires menées en 2015 sur le milieu marin » n’avaient « pas mis en évidence » de danger « sous l’empire de l’ancien procédé industriel, pourtant beaucoup plus polluant ».