Mama Galledou ébranle les accusés

F. L. - ©2007 20 minutes

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Ils ont commencé par présenter des excuses. « Mais des excuses sans explications, ça ne sert à rien » dénonce un des avocats des parties civiles. Depuis hier, six adolescents comparaissent devant la cour d'assises pour mineurs à Aix pour l'incendie du bus 32, qui avait grièvement blessé Mama Galledou. En octobre dernier, un premier procès, au cours duquel deux autres adolescents avaient été jugés en correctionnelle, n'avait pas permis d'en savoir plus sur les circonstances du crime. Mais cette fois, la cour a fait témoigner Mama Galledou dès le premier jour d'audience. Un témoignage à nouveau réalisé par visioconférence, la jeune femme ne souhaitant pas voir les accusés. Mama Galledou a parlé pendant une dizaine de minutes. Les adolescents assurent qu'ils n'avaient jamais voulu les conséquences dramatiques de l'incendie. « Elle leur a demandé d'expliquer leur geste, comment ça s'est passé, explique Jean Boudot, un des avocats de la jeune femme. Elle a parlé sans agressivité, d'un ton ferme. » Les parties civiles espèrent que ce témoignage jouera un rôle « d'électrochoc » sur les accusés. D'après leurs avocats, les adolescents auraient été ébranlés. L'un d'entre eux aurait baissé la tête. « Il n'osait pas regarder l'image de Mama Galledou », explique Isabelle Terrin, son avocate. A l'issue de l'audience, Alain Molla, avocat de Mama Galledou, se disait « un peu plus optimiste ». « On les sent réfléchir, explique l'avocat. Il y a une gêne, des silences, une pesanteur. On ne sait pas si l'un d'eux va craquer, mais on progresse. »