Marseille: Douze ans de prison pour le policier marseillais qui avait tué un lycéen

JUSTICE C'est moins que ce qui était requis par l'avocat général...

B.C. avec AFP

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Un policier a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'un lycéen
Un policier a été condamné à douze ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'un lycéen — Anne-Christine Poujoulat AFP

La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné vendredi à douze ans de réclusion criminelle un policier marseillais pour le meurtre d’un lycéen de 19 ans avec son arme de service en dehors de ses heures de travail, reconnaissant ainsi une intention homicide. Jusqu’à la dernière minute de son procès, Frédéric Herrour, un ex-sous-brigadier de 43 ans, a évoqué un tir accidentel. Il a présenté ses « profonds regrets » pour « ce dramatique accident ».

« Un accident de voie publique ? »

Une peine de treize à quinze années de réclusion criminelle avait été requise. Alors que ses avocats ont réclamé la disqualification de meurtre en homicide involontaire, l’avocat général Olivier Couvignou a estimé que l’accusé avait volontairement donné la mort. « Les parents de la victime devront-ils se résoudre à l’idée que leur enfant de 19 ans, foudroyé dans le dos par le projectile d’une arme de guerre, a simplement succombé à un accident de voie publique ? Si vous dites à sa famille, à la société, que c’est un accident, ce sera un déni de justice », a continué l’avocat général.

Le flou persiste sur les raisons de la bagarre qui avait éclaté, le 14 février 2013 vers minuit dans une épicerie de nuit marseillaise entre le policier en dehors de ses heures de service, en état d’ébriété, et Yassin Aibeche, lycéen sans histoires d’une cité difficile des quartiers Nord de Marseille. Si l’accusé a évoqué à l’audience une agression « anti-flic », l’avocat général a contesté ce motif crapuleux.

« Un homme malheureux »

L’accusation a souligné que « ce procès n’est pas celui de l’uniforme » mais celui « d’une solitude ancrée dans de mauvaises habitudes », celle d’un policier décrit comme un homme seul, en proie à ses addictions à l’alcool et au cannabis, « capable d’asséner quelques claques à une ex-concubine lorsqu’il est à vif ».

« C’est l’acte dramatique mais non voulu d’un bon flic mais d’un homme malheureux », ont plaidé Mes Thomas Tapiero et Emmanuel Molina, avocats de la défense. Ils ont qualifié de « ramassis de mensonges et d’inexactitudes » les témoignages des quelques personnes ayant assisté aux faits dont deux ont été extraits de leur cellule pour déposer devant la cour d’assises.