Un policier va être jugé après la mort d'un jeune homme, dans la nuit du 13 au 14 février 2013 dans le 3e arrondissement de Marseille.
Un policier va être jugé après la mort d'un jeune homme, dans la nuit du 13 au 14 février 2013 dans le 3e arrondissement de Marseille. — P.Magnien

JUSTICE

Marseille: Un policier accusé d'avoir tué un homme de 19 ans comparaît devant les assises

Le policier n'était pas en service lorsqu'il a tiré en direction de sa victime...

À partir de ce mardi, Frédéric Herrour, 43 ans aujourd’hui, comparaît devant la cour d’Assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre d’un homme de 19 ans à Marseille. Un accident selon l’accusé. En février dernier, alors que le désormais quadragénaire réclamait sa remise en liberté, la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence l’a contredit en rejetant la thèse accidentelle.

Le policier ne travaillait pas

14 février 2013, il est à peine minuit. Un homme de 39 ans se rend dans une épicerie de l’avenue Roger-Salengro, dans le 3e arrondissement de Marseille. À l’intérieur du commerce se trouve une bande de jeunes hommes, dont plusieurs fument du cannabis. Une rixe éclate, après une réflexion faite par le trentenaire, policier au sein du groupe de soutien de proximité (GSP), ces unités d’appui de la police nationale, qui ont pour objectif de lutter contre la délinquance de proximité. Au moment des faits, le fonctionnaire n’est pas en service.

C’est cette remarque concernant la consommation de produits stupéfiants qui aurait mis le feu aux poudres d’après les premières déclarations faites aux enquêteurs par le policier. Ce n’est que par la suite qu’il a modifié sa version des faits, indiquant avoir été attaqué parce qu’il était agent de police. Selon une source proche du dossier, il était vêtu de son pantalon d’uniforme assorti à des vêtements civils ce soir-là.

Une balle dans le bas du dos

Ce qui est certains, c’est que sortis du magasin, l’altercation se poursuit entre les hommes dans la rue. Le fonctionnaire est frappé au visage. Pour se défendre, il sort son arme de service qu’il ne devrait pas avoir sur lui et menace le groupe de jeunes. Mais ces derniers ne se laissent pas faire et font tomber le policier à terre d’une « balayette ». Les jeunes prennent la fuite. L’un d’eux, 19 ans, est atteint au bas du dos par la balle alors qu’il tentait de rejoindre en courant l’un de ses compagnons dans sa voiture. Transporté par l’un de ses amis à l’hôpital, il y décède quelques heures après les faits.

Geste intentionnel ou accident ? Les jurés ont jusqu’à vendredi, jour où le délibéré est attendu, pour se décider.