OM: Quand Rudi Garcia faisait des miracles à Dijon

FOOTBALL Le tacticien marseillais a passé cinq ans à Dijon…

C.L.
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Rudi Garcia à Dijon en 2004.
Rudi Garcia à Dijon en 2004. — FRANCK FIFE / AFP

Avant de briller dans les premières divisions avec Lille, l’AS Rome ou maintenantl’Olympique de Marseille, Rudi est devenu Garcia dans un petit club de National : Dijon. Une formation qui a gravi les échelons du foot français et que le coach retrouvera en Ligue 1 vendredi avec les Marseillais.

Les Rouges le savent, s’ils sont là aujourd’hui, c’est grâce à Rudi Garcia. Quand l’entraîneur qui n’avait alors qu’assuré un intérim à Saint-Etienne, débarque à Dijon en 2002, le club est en lambeaux. Le maintien en National s’est joué à un cheveu et les joueurs sont démotivés. « Il y avait tout à construire », résumait Bernard Gnecchi, l’ancien président du club à La Provence.

La révolution en un mois

Rudi Garcia prend alors les choses en main, structure le club en tant qu’entraîneur-manager, déjà épaulé par son fidèle adjoint Fred Bompard. « Il a donné confiance aux joueurs, se souvient Sébastien Heitzmann, attaquant dijonnais de l’époque, il a imposé ses méthodes. Dès la préparation, il a installé un schéma de jeu. Il s’est appuyé sur des joueurs et a bâti autour de ça. » La mayonnaise prend vite. « Au bout d’un mois, on avait acquis des automatismes », poursuit celui qui évolue désormais au FC Chassagne-Montrachet, à une cinquantaine de kilomètres de son ancien club.

Les Dijonnais heureux de Rudi Garcia en 2004
Les Dijonnais heureux de Rudi Garcia en 2004 - FRED DUFOUR / AFP

L’effectif rate la montée en Ligue 2 à trois petits points dès la première année. 2004 est la bonne. Et une demi-finale de Coupe de France, « pas si courant pour un club de National à l’époque », souligne Heitzmann, vient couronner la transfiguration dijonnaise.

Dans la foulée, Garcia renfloue son effectif. Et va chercher Mickaël Tacalfred, libre après son départ d’Angers. « J’étais en stage à l’UNFP [Union nationale des footballeurs professionnels] et Rudi m’a contacté pour signer à Dijon, se souvient le défenseur de l’AJ Auxerre. C’est lui que j’ai eu au téléphone. Quand c’est le coach qui t’appelle, ça donne tout de suite envie. Donc forcément je n’ai pas hésité. »

« Comme un père »

Et le joueur ne regrette pas. Il découvre un homme « proche de ses joueurs qu’on soit titulaire ou pas. Il a même plus d’attention envers ceux qui jouent moins. » L’autorité naturelle du bonhomme et l’aisance de communication sont déjà là, « mais ce n’est pas ce qui le définit en premier, poursuit Tancalfred. Ce qui le définit vraiment, c’est cette approche avec les joueurs, il est comme un père. »

Le soir où les Dijonnais ont obtenu leur ticket pour la demi-finale de la Coupe de France en 2004
Le soir où les Dijonnais ont obtenu leur ticket pour la demi-finale de la Coupe de France en 2004 - DENIS CHARLET / AFP

Tacalfred comme Heitzmann verront leur carrière décoller après leur passage à Dijon. Tous deux s’engageront au Stade de Reims, en attribuant sans détour leur ascension à Rudi Garcia. « Pour moi, ça a été le meilleur entraîneur que j’ai côtoyé, lâche le premier, Il m’a fait progresser, c’est un coach très ambitieux. Il m’a appris à travailler très dur pour être performant et passer des caps. » Le second ne formule qu’un regret : « ne pas avoir travaillé plus longtemps avec lui. » En 2007, l’entraîneur-manager quitte le nid pour les ors de la Ligue 1. Il rejoint le Mans, avant de devenir champion de France à Lille.

Presque 10 ans après avoir quitté Dijon, c’est un nouveau défi que tente de relever Garcia à Marseille, presque autant en lambeaux que son cousin bourguignon à l’époque. « Rudi, il est têtu, il sait où il veut aller, reprend Heitzmann. Il a un projet, il s’y tient. L’avenir lui donnera raison à Marseille aussi. Des joueurs comme Gomis et Thauvin, ils vont reprendre confiance et ils seront performants, vous verrez. » Parole de connaisseur, qui prédit au moins un top 8 à l’OM.