Marseille: La chasse aux rats est ouverte!

PROPRETE La ville lance un nouveau dispositif de lutte contre la prolifération du rongeur…

Clément Carpentier

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Un rat qui se balade dans un parc.
Un rat qui se balade dans un parc. — Rex Sipa

Ils sont vifs, agiles et surtout adorent manger, les rats pullulent à Marseille depuis quelques années. Au point que certains avancent le chiffre de 8 millions de rongeurs qui se baladeraient dans la ville. Il serait donc 9 fois plus nombreux que les habitants.

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Des rats en veux-tu, en voilà 

Un chiffre énorme mais qui représente bien la réalité pour Anissa, « il y en a partout dans notre quartier. Ils sont tellement gros qu’on croirait des chats. On a peur parfois de sortir de chez nous. » Cette mère de famille ne mâche d’ailleurs pas ses mots quand elle essaie d’interpeller un élu sur le sujet, « on en a marre, vous ne faites rien ! »

Les rats se nourrissent souvent dans les poubelles et des déchets abandonnés.
Les rats se nourrissent souvent dans les poubelles et des déchets abandonnés. - Clément Carpentier

Les discussions sont tendues avec plusieurs habitants autour de la place de la Castellane. Maryse, elle, est désespérée : « On en trouve même dans nos appartements. J’en ai déjà vu sous mon lit ou encore dans une armoire. » La situation semble grave notamment dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Face à ça, la mairie a donc décidé de réagir.

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La mairie prend le sujet très au sérieux 

Les élus ont réuni la presse pour montrer qu’ils ne restaient pas les bras croisés. « Si on écoute les gens, les rats sont arrivés avec Gaudin [le maire depuis 1995] ? C’est faux ! Ce sont les travaux qui les ont réveillés », abonde Yves Moraine. Le maire des 6e et 8e arrondissements en profite pour distribuer quelques prospectus sur le sujet.

Des agents déposent du raticide dans les avaloirs de la ville.
Des agents déposent du raticide dans les avaloirs de la ville. - Clément Carpentier

Sa collègue, Monique Daubet, chargée de l’hygiène à la mairie, rappelle que la Seramm (Société de services d’assainissement Marseille Métropole) travaille au quotidien notamment sur les 27.000 avaloirs de la ville. Un service baptisé « Santé 3D » (dératisation, désinsectisation et désinfection), composé de six personnes traite pour sa part les bâtiments municipaux. À ce sujet, l’élue ajoute que « du raticide est disposé dans des boîtes dans les écoles et crèches pour protéger les enfants. »

Monique Daubet, chargée de l'hygiène à la ville de Marseille.
Monique Daubet, chargée de l'hygiène à la ville de Marseille. - Clément Carpentier

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Responsabiliser et/ou verbaliser 

La mairie compte aussi responsabiliser les habitants. Pour Monique Daubet, « les incivilités se multiplient. Les gens jettent tout et n’importe quoi. Il suffit de regarder dans le quartier Noailles, vous avez des déchets partout. Les rats se régalent. » La municipalité demande aux Marseillais de sortir leur poubelle avant 19h et dans des sacs fermés ou d’appeler « Allô mairie » (0810 813 813) pour signaler la présence de rats ou de poubelles abandonnées.

Le tract distribué aux Marseillais
Le tract distribué aux Marseillais - Clément Carpentier

Yves Moraine, lui, est beaucoup plus ferme en expliquant qu’il « va falloir passer de la carotte au bâton ». C’est-à-dire, augmenter la verbalisation. Le nombre de PV aurait déjà été multiplié par 5 ou 6 ces derniers mois. Monique Cordier, déléguée aux espaces naturels, aux parcs et aux jardins affirme que « la police de la propreté va recruter ». Aujourd’hui, 25 personnes la composent. La première amende pour un simple jet clandestin s’élève à 68 euros à Marseille.