Marseille: Face aux attaques, la mairie assume le choix du financement du Vélodrome

SURCOUT Les élus de gauche dénoncaient un «abysse financier scandaleux»...

B.C. avec AFP

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Le nouveau stade Vélodrome à Marseille.
Le nouveau stade Vélodrome à Marseille. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Le maire (LR) de Marseille Jean-Claude Gaudin a défendu lundi la rénovation du stade Vélodrome, confiée au groupe Bouygues via un partenariat public-privé (PPP), malgré son coût pour les finances de la ville, dénoncé par l’opposition.

« Ce stade Vélodrome, il est magnifique. Sans le stade Vélodrome [fini de rénover en 2014] nous n’aurions pas eu l’Euro de football 2016 », a déclaré lors du conseil municipal le maire marseillais.

« Il plaît aux Marseillais »

Le sénateur-maire a confirmé que la loi l’obligeait à créer une « mission d’information » sur ce PPP, suite à une demande des élus de gauche, mais n’a pas répondu sur le fond de son coût financier. « Nous l’avons refait, il plaît aux Marseillais et il permet, je l’espère, à l’OM d’avoir de beaux succès », a-t-il ajouté. Son adjoint aux finances Roland Blum a assuré que le PPP, qui engage la ville pour 30 ans, « avait fait l’objet d’une négociation », et que la municipalité « n’avait jamais refusé la transparence ».

Roland Blum a également assumé le coût de la « subvention d’équilibre » versée en 2015 à la filiale du groupe Bouygues qui gère le stade, à hauteur de 13,2 millions d’euros, pour lui permettre d’équilibrer ses comptes. « C’est un coût important mais qui relève aussi du service public », a-t-il souligné, le mettant en regard avec un coût annoncé à « 20 millions d’euros » pour faire fonctionner l’opéra municipal, ou les « 60 millions d’euros » de subventions accordées à la culture. « Finalement avec 13 millions d’euros, avoir le plus beau stade de France, dont les Marseillais peuvent profiter, ce n’est rien d’exagéré », a-t-il plaidé.

« Huit piscines ou trente groupes scolaires »

Les chefs de file du Front de Gauche, Jean-Marc Coppola, et du PS, Benoît Payan, avait auparavant étrillé le recours au PPP, déjà critiqué par la Chambre régionale des comptes. « Le PPP est un contrat perdant-perdant, mais pas pour tout le monde. Pas pour Arema [la société qui exploite le Vélodrome], pas pour Bouygues », sa maison mère, a-t-il souligné.

« Plus on regarde ce contrat plus on reste perplexe… La ville va devoir payer pour le stade 278 millions d’euros sur 30 ans… 173 millions d’euros d’intérêts pour 105 millions d’euros empruntés, il y a quelque chose qui ne va plus », a-t-il mis en exergue. Il estime le surcoût pour la ville à « 93 millions d’euros », soit l’équivalent de la construction de « huit piscines ou 30 groupes scolaires ».