Marseille : Cinq arguments pour l’installation d’un téléphérique entre le Vieux-Port et la « Bonne Mère »

TRANSPORTS C'est écolo, économique, rapide et, en plus, la vue est imprenable...

Basile Caillaud

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Bientôt, vous pourrez échapper à la montée des marches vers Notre-Dame-de-la-Garde grâce au téléphérique.
Bientôt, vous pourrez échapper à la montée des marches vers Notre-Dame-de-la-Garde grâce au téléphérique. — P.Magnien

Parce que c’est moins cher

« Un système de transport par câble serait plus économique » : c’est ce qui ressort de l’étude de faisabilité d’un téléphérique, commandée en 2014 par la ville de Marseille (une nouvelle étude de faisabilité doit être entérinée lundi, lors du conseil municipal). « Ce mode de transport est peu cher au regard du nombre de kilomètres parcourus », enchérit Gérard Chenoz, adjoint au maire de Marseille en charge des grands projets. Quand le kilomètre d’une ligne de métro coûte dans les 50 millions d’euros à construire, celui du téléphérique revient à 10 millions, grand maximum. Qui financera ? « La ville, la métropole, mais aussi l’Europe à qui nous allons demander des subventions », poursuit l’élu.

Parce que ça pollue moins

« Le téléphérique urbain est une réponse pour lutter contre les nuisances et émissions de gaz à effet de serre », estime Gérard Chenoz. Dans une ville comme Marseille, parmi les plus embouteillées de France, l’idée de passer par le ciel séduit. D’abord parce que cela fait moins de voitures dans les rues. Mais aussi et surtout parce qu'un téléphérique émet 10 g de gaz à effet de serre par kilomètre et par passager, quand le tramway en émet 17 g, le métro 23 g et le bus 76 g.

Parce que c’est « simple »

« Un téléphérique, c’est quelques pylônes fixés au sol par quatre vis et un câble qui les relie », schématise Gérard Chenoz. Les travaux peuvent prendre une année en moyenne. La loi de transition énergétique, votée en 2015, facilite également l’implantation d’un téléphérique. « Avant cette loi [et depuis 1941], un texte empêchait de survoler les propriétés sans expropriation », détaille l’adjoint au maire. De quoi donner des idées aux métropoles comme Brest, Paris ou Toulouse… À Marseille, la majorité entend commencer les travaux avant la fin du mandat, c’est-à-dire avant 2020.

Parce que la vue sera imprenable

La ville de Marseille s’en défend : « Ce téléphérique, s’il voit le jour, ne sera pas qu’un gadget pour touristes. » Peut-être, mais la vue sur Marseille et la Méditerranée depuis les cabines entre le Vieux-Port (côté fort Saint-Nicolas) et Notre-Dame de la Garde est plus que prometteuse. Et ce, même si on est serré : l’ambition de la ville est de transporter 1 000 personnes par heure dans chaque sens dans des cabines de 30 personnes.

Parce qu’on pourra rejoindre la « Bonne Mère » en un claquement de doigts

Six minutes : c’est le temps qu’il faudrait pour relier le Vieux-Port à la Bonne Mère en cabine. Outre un gain de temps comparé au trajet effectué à pied (plus de 160 mètres de dénivelé), le téléphérique vise aussi à améliorer l’attractivité touristique du centre-ville marseillais. Notre-Dame-de-la-Garde constitue le premier site touristique de Marseille avec ses deux millions de visiteurs annuels. Avec le téléphérique, la Ville espère atteindre les trois millions.