Marseille: L'opposition demande une commission d'évaluation sur le financement du Vélodrome

SURCOUT Les élus de gauche dénoncent un « abysse financier scandaleux »...

B.C. avec AFP

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 L'opposition municipale de Marseille demande une «commission d'évaluation» sur le financement du Vélodrome.
L'opposition municipale de Marseille demande une «commission d'évaluation» sur le financement du Vélodrome. — BORIS HORVAT / AFP

Les élus de gauche de Marseille ont demandé jeudi la mise en place d’une « commission d’évaluation » sur le financement de la rénovation du stade Vélodrome, qui fait l’objet d’un partenariat public-privé avec le groupe Bouygues, critiqué pour son coût. « Nous demandons la transparence sur l’opération financière la plus importante de ces dernières années, qui engage la Ville sur 30 ans », a expliqué Benoît Payan, président du groupe socialiste au conseil municipal. Le PS et le Front de Gauche se sont associés pour cette démarche.

« On a brûlé 93 millions d’euros »

Se basant sur un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC), Benoît Payan pointe notamment le surcoût des redevances financières dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) signé pour les travaux. Sur un total de 268 millions d’euros, 90 millions d’euros sont couverts par des subventions diverses, 43 millions d’euros par la Ville et 30 millions d’euros pour la valeur des terrains autour du stade laissés à Bouygues pour des opérations immobilières.

Pour les 105 millions d’euros restants, Marseille a souscrit un emprunt sur 30 ans à un taux de 8,25 % qui coûtera 278 millions. « Si cette somme avait été empruntée directement » auprès d’une banque, le coût aurait été de 187 millions d’euros, avec un taux de 4,37 % sur 30 ans, selon la CRC. Les magistrats estiment que la différence de 93 millions « est le fait notamment de la rémunération des actionnaires » de Bouygues. « On a brûlé 93 millions d’euros », s’emporte M. Payan, qui parle d’un « abysse financier scandaleux ».

« Le même stade, pour beaucoup moins cher »

« Nous ne disons pas qu’il ne faut pas de stade ni que nous n’aimons pas l’OM, mais qu’on pouvait avoir le même stade pour beaucoup moins cher. La mairie s’est mise dans les mains de Bouygues », regrette-t-il. Du côté d’Arema, la filiale de Bouygues qui a construit et gère l’enceinte, on rappelle que ces frais comprennent « la gestion totale du stade, qui sera rendu comme neuf à la Ville en 2045 », explique le directeur général du stade, Martin d’Argenlieu. « Quand on change plusieurs fois la pelouse dans la saison, c’est Arema qui paie, pas la Ville », souligne le DG du stade, baptisé Orange Vélodrome depuis le contrat de « naming » passé avec l’opérateur. Le stade fêtera ses 80 ans en 2017.

Quatre millions d’euros chaque année pour l’OM

Il rappelle également que dans ce PPP, Arema verse 12 millions d’euros par an de recettes garanties à la Ville. La Ville paie, elle, une redevance pour utiliser le stade (8 millions d’euros en 2015) en plus de l’emprunt. Le club de football de l’Olympique de Marseille, principal utilisateur du Vélodrome, paie un loyer annuel de 4 millions d’euros.

Si Benoît Payan ironise sur le PPP (« Je comprends le sens du contrat, c’est un partenariat perdant-perdant », dit-il), ce mode de fonctionnement a suscité des problèmes ailleurs en France. La métropole de Lille s’est retrouvée mise en examen pour favoritisme dans l’attribution de son Grand Stade et la justice a ouvert une enquête sur le PPP pour la construction de l’Allianz Riviera de Nice, après un rapport de la CRC.