Marseille: Contre l'avis des médecins, la justice ordonne la poursuite des soins d'un bébé dans le coma

Santé Marwa, un an, a été placée en coma artificiel à la suite d'un virus foudroyant...

B.C. avec AFP

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L'hôpital de la Timone, à Marseille.
L'hôpital de la Timone, à Marseille. — Patrice Magnien/20 Minutes

Le tribunal administratif de Marseille a ordonné mercredi à l’hôpital de la Timone, à Marseille, de poursuivre les soins d’un bébé d’un an plongé dans le coma - ce que demandaient les parents - en attendant une expertise.

Avant de statuer sur l’arrêt ou non des soins, « il sera procédé à une expertise confiée à un collège de trois médecins composé de deux neurologues et d’un neuropédiatre, désignés par le président du tribunal », a décidé le tribunal.

« Nombreuses incertitudes »

Le tribunal administratif considère que « de nombreuses incertitudes demeurent sur la pathologie initiale de l’enfant, sur les séquelles dont elle est atteinte, sur les examens pratiqués et sur son état actuel ». Les parents du bébé, qui ont lancé une pétition ayant recueilli plus de 70.000 signatures sur internet, interprètent les mouvements du bébé, relié à des machines, comme des signes qu’elle « est consciente, bouge et (les) reconnaît ».

Mais « les médecins pensent qu’elle n’arrivera jamais à respirer seule et estiment que c’est une raison suffisante pour la débrancher sous une semaine », selon le couple qui avait saisi le tribunal administratif en référé pour demander la poursuite des soins.

Décision dans deux mois

Marwa avait été admise à l’hôpital de la Timone le 25 septembre pour un virus foudroyant et placée en coma artificiel. Le 4 novembre, les médecins de l’hôpital de la Timone avaient décidé d’arrêter le traitement thérapeutique et de débrancher l’appareil respiratoire maintenant l’enfant en vie. Dans leur compte-rendu motivant leur décision, les médecins hospitaliers avaient noté que « l’état de conscience » du bébé « est difficile à évaluer mais le comportement et les atteintes diffuses observées à l’IRM laissent penser qu’il est probablement fortement altéré ».

Le tribunal administratif reproche à l’hôpital de ne pas avoir communiqué l’intégralité du dossier médical. « La fiche de traçabilité des décisions prises de façon collégiale comporte une motivation très lacunaire », souligne-t-il, et des « indications divergentes » ont été données par l’hôpital.

Dans un délai de deux mois, les experts devront « se prononcer sur le caractère irréversible des lésions neurologiques de l’enfant, sur le pronostic clinique et sur l’intérêt ou non de continuer ou de mettre en œuvre des thérapeutiques actives », indique le tribunal.