Marseille: Il transforme vos motos en robots (et même Beyoncé kiffe)

Insolite À partir de cylindrées, le Marseillais Rémy Aillaud fait des sculptures de robots...

Basile Caillaud

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Rémy Aillaud est sculpteur-designer.
Rémy Aillaud est sculpteur-designer. — Basile Caillaud

Comme une armée de Transformers, alignée devant vous. Au garde à vous. Certains sont armés et vous ont droit dans le viseur. Dans le garage de ce pavillon du 13e arrondissement de Marseille, la vision peut surprendre au premier regard. Au second, on s’aperçoit que ces robots sont sans vie. Ouf de soulagement. Puis vient le temps de s’approcher des bestioles : un phare avant en guise de tête, un réservoir d’essence pour le tronc, un pneu pour les pieds… Oui, le robot est bien une moto !

L’avant d’un camion en guise de meuble

Rémy Aillaud, 29 ans, est le maître des lieux. Ancien électricien, il sculpte aujourd’hui l’acier à des fins artistiques. Des tables basses, des meubles, des miroirs… Et des « Motobots », nom qu’il a donné à sa création. L’idée de transformer des grosses cylindrées en robot ? « Je l’ai eue en arpentant le marché aux puces de Marseille. Il y avait un réservoir d’essence magnifique et tout un tas de pièces détachées de motos. Ça a fusé dans ma tête », raconte le Marseillais.

Grâce à cette trouvaille, Rémy Aillaud dit « vivre un rêve éveillé ». Il est repéré en 2013 par David Pluskwa, gérant d’une galerie d’art contemporain à Marseille. Puis par une autre galerie, présente à Paris, Genève ou Saint-Tropez. À chaque commande, les Motobots s’écoulent rapidement, moyennant plusieurs milliers d’euros. « Cette année, je dois livrer 30 à 40 robots. Chaque pièce est unique et demande des semaines de travail », expose Rémy Aillaud. La tâche est ardue pour l’artiste, qui auparavant mettait deux mois pour réaliser un seul Motobot. « Aujourd’hui, mon travail, c’est sept jours sur sept. »

Un «Motobot» chez Beyoncé

Le père de famille cherche à déléguer. Pour produire plus et plus vite, certes. « Mais pas pour devenir une usine, pointe-t-il. Je tiens à conserver cette qualité de travail. » Une qualité qui plaît visiblement. Sur la dizaine de robots qu’il vient de construire et qui ne sont pas encore livrés aux galeries, certains sont déjà vendus. Et les premiers modèles, commercialisés ces derniers mois, peuplent désormais les quatre coins de la planète. « La chanteuse américaine Beyoncé en a même acheté un », jure-t-il.