Quinze questions à la con qu'on se pose sur la gymnastique artistique

GYMNASTIQUE Que celui qui est vraiment capable de faire la différence entre gymnastique artistique et rythmique lève le doigt…

C.L.

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Marine Brevet à Rio le 11 août 2016
Marine Brevet à Rio le 11 août 2016 — Ben STANSALL / AFP

A Marseille, se déroule chaque année depuis sept ans une compétition qui voit s’affronter les meilleurs espoirs mondiaux de la gymnastique artistique. La discipline bien que comptant près de 300.000 licenciés en France, reste méconnue.

L’Elite Gym Massilia se tient entre le 11 et le 13 novembre au Palais des Sports. L’occasion de revenir avec Marine Brevet, marraine de l’édition 2016, membre de l’équipe de France et 15e aux Jeux olympiques de Rio, sur toutes ces questions que vous vous posez sur la gymnastique artistique.

C’est quoi le meilleur agrée, celui qui fascine le plus les gymnastes ?
Tout dépend de la gymnaste, ses facilités et son caractère. Moi j’aimais le sol pour cette sensation de voler mais j’adorais aussi la poutre parce que c’était facile.

Le mouvement que vous rêvez toutes de réussir ?
Moi c’était un double tendu avec une vrille, un full-in tendu. Je l’ai passé pour la première fois en 2013. Je le faisais à l’entraînement mais j’ai jamais pu le mettre en compétition.

A quoi vous pensez quand vous êtes sur la poutre ?
Le plus souvent on essaie de se dire des mots-clés à chaque élément, comme « bras tendus », « pousse » ou un compte. On peut aussi penser à la respiration. On a son petit mémo technique. On s’entraîne beaucoup pour caler les mots-clés, savoir qu’à tel endroit il faut respirer. Ça peut être n’importe quoi mais c’est pour nous occuper l’esprit.

A partir de quel âge on sait qu’on ne sera plus championne olympique ?
Le passage de junior à senior vers 15 ans est le plus compliqué à cause du changement hormonal. Les blessures de croissances arrivent. On peut régresser tellement on est perdu dans notre corps. Parfois on sait qu’on n’arrivera jamais à revenir. C’est aussi là qu’on commence à se rendre compte des risques qu’on prend sur certains mouvements.

Pourquoi est-ce que vous écartez les doigts à ce point ?
C’est une forme artistique. On nous apprend à toucher notre pouce avec notre majeur. Même quand je danse avec des amis, je le fais maintenant.

Simone Biles à Rio en août 2016
Simone Biles à Rio en août 2016 - TOSHIFUMI KITAMURA / AFP

C’est quoi les « steaks » ?
Ce sont des ampoules qui se forment sur la paume de la main à cause du frottement des barres. Ça fait des cloques qui saignent.

C’est vrai qu’il faut mettre du baume à lèvres sur les mains pour éviter ça ?
Quand on est jeune peut-être. En fait il faut attendre que ça sèche et hydrater. Après quand on grandit on a de la corne. On met des maniques (bandes de cuir) pour mieux appréhender la barre, ça évite un peu les steaks, mais pas complètement.

On est d’accord que tout le monde confond gymnastique artistique et gymnastique rythmique ?
Oui ! Beaucoup de personnes me disent « Ah oui, c’est le truc avec les rubans ? ». C’est dommage de se tromper, c’est quand même connu et c’est un des premiers sports qui a été aux JO [depuis la première édition des Jeux olympiques modernes en 1896 pour les hommes et depuis les Jeux de 1928 pour les femmes].

Tu as un bon moyen pour que les gens arrêtent de mélanger ?
C’est compliqué. Les gens associent « artistique » à de la danse donc à la gym rythmique. Et il existe aussi de la gym acrobatique avec des portées, c’est encore une autre discipline.

Comment distinguer gymnastique rythmique et gymnastique artistique?
Comment distinguer gymnastique rythmique et gymnastique artistique? - AFP

Pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre ?
En fait, ça ne se ressemble pas tant que ça. La GR se rapproche de la danse. Les filles sont grandes, élancées et très souples. En GA, il faut être un peu guignol et on est beaucoup plus musclées. C’est comme confondre un lanceur de poids et un sprinteur.

La suprématie des pays de l’Est, c’est terminé ?
Oui complètement. En ce moment, ce sont les Américaines.

C’est qui LA star des gymnastes, celle que vous avez en poster dans votre chambre ?
Simone Biles (USA), qui a gagné quatre médailles d’or à Rio. Elle est incontournable, impressionnante. Elle a des qualités physiques hors normes et un contenu gymnique épatant.

Simone Biles le 16 août 2016 à Rio
Simone Biles le 16 août 2016 à Rio - Toshifumi KITAMURA / AFP

Je ne peux pas ne pas parler des tenues des gymnastes. Vous en pensez quoi des justaucorps brillants, plein de paillettes ?
Les paillettes, on adore ça ! On est quand même en sous-vêtement devant tout le monde et ce n’est pas toujours facile à accepter.

Et les grosses barrettes sur la tête ?
Le problème, c’est qu’il faut que ça tienne avec la vitesse. On met à peu près une demi-bombe de laque et on a presque interdiction d’avoir les cheveux longs.

C’est quoi le plus gros cliché sur la gym ?
Qu’on est petites. Dans mon école de kiné, tout le monde me dit que c’est parce que je fais de la gym mais en fait je fais la même taille que la plupart des autres étudiantes.