Marseille mobilisée, mais pas à bloc

MANIFESTATION Plus de 12.000 personnes ont défilé mardi dans les rues de Marseille selon la police, 60.000 selon les syndicats...

F.L.

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Bouclettes blondes et grosse écharpe, la petite fille regarde passer la manif depuis le pont qui enjambe le cours Lieutaud. «Moi je trouve qu'il y a pas assez de gens», lance-t-elle à sa mère. Tout de même: plus de 12.000 personnes ont défilé hier dans les rues de Marseille selon la police, 60.000 selon les syndicats. Plus fort que la manif du 18 octobre contre la réforme des régimes spéciaux. Mais pas autant que contre le CPE, en 2006.

«De plus en plus de contrats précaires»

Mardi, les manifestants ont défilé derrière une banderole intersyndicale «pour la retraite, les salaires, l'emploi et le service public». Dans le cortège se succèdent les fonctionnaires territoriaux, les enseignants, les agents ANPE-Assedic...

François, chercheur  en physique au CNRS, est venu avec un groupe du collectif «Sauvons la recherche». «Aujourd'hui il y a de plus en plus de contrats précaires de trois ans. Les chercheurs ont à peine le temps de s'installer dans un laboratoire qu'ils doivent déjà chercher du travail ailleurs.»

«Salaires pas réévalués depuis trois ans»

Derrière les chercheurs, des militants du syndicats Unsa-police se rassemblent face au commissariat Noailles. «Actuellement les jeunes gardiens de la paix n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois, s'indigne Joël Gasperini, secrétaire départemental. Les salaires n'ont pas été réévalués depuis trois ans.»

Plus en avant dans le cortège, les pompiers défilent en poussant un mini-camion à incendie, toutes sirènes hurlantes. Un traminot de la RTM harangue la foule au mégaphone : «On nous demande de travailler plus longtemps sans augmenter les salaires, mais Sarkozy lui il s'est augmenté de 140%!».