Marseille a accueilli 220.000 supporteurs étrangers pendant l'Euro de football

ECONOMIE L’événement a généré environ 93.000 nuitées…

Mickael Penverne

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Des supporteurs allemands.
Des supporteurs allemands. — Michael Zemanek/BPI/REX/Shutterstock/sipa

L’Euro 2016 de football a attiré près de 650.000 personnes à Marseille, selon une étude conjointe menée par l’INSEE et le comité Bouches-du-Rhône Tourisme. La ville a accueilli six matchs entre le 10 juin et le 10 juillet, dont un quart et une demi-finale.

L’étude, dévoilée jeudi, ne permet pas de connaître les retombées économiques précises de l’événement. Selon un rapport du Centre de droit et d’économie du sport, commandée par l’UEFA, Marseille pouvait espérer 180 millions d’euros de retombées. Mais pour l’instant, aucune enquête n’est venue confirmer ces chiffres.

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Géolocalisation

L’INSEE et Bouches-du-Rhône Tourisme se sont associés avec Orange pour décortiquer la fréquentation et le comportement des supporteurs. Pour cela, l’opérateur téléphonique a géolocalisé, en temps réel, tous les téléphones portables qui entraient et sortaient de la « zone Euro », qu’ils soient français ou étrangers, la zone Euro correspondant aux abords du stade Vélodrome et la Fan zone au Prado.

Il les a ensuite « segmentés » en « assimilés résidents, en personnes habituellement présentes, en touristes français ou étrangers et en excursionnistes français ou étrangers » en fonction notamment des adresses de facturation. Ce dispositif, baptisé Flux Vision, a été validé par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), assure-t-on du côté de Bouches-du-Rhône Tourisme.

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1 % des Islandais à Marseille le 18 juin

Grâce à Flux Vision, on sait ainsi que la fréquentation de la « zone de l’Euro » a été multipliée par 2 voire 2,5 chaque soir de match par rapport à la fréquentation habituelle. Plus de 220.000 supporteurs étrangers ont été comptabilisés en plus des 430.000 supporteurs marseillais ou en provenance du reste du département.

On apprend également que les Britanniques et les Allemands ont été les étrangers les plus nombreux dans la zone Euro, représentant 35 % des supporteurs étrangers. Viennent ensuite les Hongrois (10 %), Polonais (7 %) et Russes (5 %). On sait enfin « qu’environ 1 % des citoyens islandais se trouvaient à Marseille » le 18 juin, lors du match Islande-Hongrie.

« Un jour de guerre »

Flux Vision indique aussi que les supporteurs n’ont pas tous eu le même comportement. Alors que les Anglais et les Allemands ont assisté à d’autres matchs que ceux de leurs équipes nationales, les autres sont venus et repartis presque aussitôt. C’est le cas notamment des Hongrois qui ont défilé par milliers sur le cours Lieutaud.

C’est le cas aussi des Russes dont certains hooligans ont provoqué des affrontements avec les Anglais sur le Vieux-Port faisant une trentaine de blessés, dont un grave. Les restaurateurs du cours Estienne-d’Orves s’en souviennent encore : « C’était un jour de guerre, s’enflamme l’un d’eux. On a dû s’enfermer avec les clients à cause des lacrymogènes. Il y avait des personnes âgées à l’intérieur, des gens qui avaient le diabète […]. Pendant deux jours, on a eu peur de venir travailler ».

Une saison en recul

Les commerçants du Vieux-Port ont déploré quelques dégâts matériels, essentiellement des chaises et des tables brisés. Mais, mise à part ces incidents, « on a fait du chiffre grâce à l’Euro », note un autre brasseur. Selon l’INSEE, la fréquentation étrangère des hôtels a augmenté de 12,7 % en juin dans les Bouches-du-Rhône, avec 93.000 nuitées enregistrées.

Pour autant, l’accueil de l’Euro n’a pas complètement sauvé la saison touristique. « Cet afflux de clientèle étrangère induite par la compétition a atténué les effets d’un contexte touristique défavorable », note ainsi l’Institut. En juin, le nombre total de nuitées a baissé de 0,8 % dans le département, à cause de la perte de la clientèle française. Et il a reculé de 3,4 % sur les mois de juillet et août.