Agriculture : La production d’huile d’olive en baisse cette année

AGRICULTURE La production d’huile d’olive s’annonce faible cette année à cause de la sécheresse…

Journaliste afp

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La production d'huile d'olives en baisse à cause de la sécheresse.
La production d'huile d'olives en baisse à cause de la sécheresse. — Gerard Julien AFP

Après le fléau de la mouche de l’olive il y a deux ans, les producteurs d’olives et de surtout de sa précieuse huile doivent faire face aux conséquences de la sécheresse. Qu’on se rassure la situation n’est pas catastrophique mais le manque de précipitations a des conséquences importantes sur la production d’olives en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Premiers touchés : les producteurs dont les oliveraies se situent dans les collines comme dans les Alpes de Haute Provence. Par exemple du côté de la colline du Mont d’Or ou du plateau de Valensole près de Manosque, l’irrigation est naturelle, pas de systèmes de pompes ou d’arrosage, conséquence les arbres souffrent du manque de pluies.

Pourquoi est-ce que ces oliveraies ne disposent pas de systèmes d’irrigation ? Tout simplement parce que la première nappe phréatique accessible pour un forage se trouve à plus de 300 mètres de profondeur. Or creuser à cette profondeur reviendrait beaucoup trop cher selon les producteurs de la coopérative oléicole de Manosque. Et il faut en moyenne 1,5 millimètre d’eau par arbre et par jour pour qu’un olivier produise des fruits normalement.

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On est loin des pertes subies il y a deux ans

C’est Florent Dillies, directeur du Moulin de l’Olivette à Manosque, qui le dit. « Quand il a moins d’eau l’arbre se met en mode survie, ce sont les fruits qui pompent l’eau. C’est pourquoi l’olivier se déleste des fruits », explique Florent Dillies. D’ailleurs l’olivier peut très bien survivre plus de six mois sans eau et sous plus de 40 degrés ce qui le rend très adapté au climat méditerranéen.

Il est important de préciser que moins d’olive ne veut pas dire une moindre qualité. Les qualités gustatives et nutritives du fruit ne sont en aucun cas altérées dans le cas d’une sécheresse.

Les récoltes dans les Alpes de Haute Provence devraient débuter la semaine prochaine. Et elles ont déjà commencé dans le Var et les Bouches-du-Rhône. Depuis mercredi dernier le Moulin Saint Michel à Mouriès (13) s’active pour la récolte annuelle et là aussi elle s’annonce « moyenne » selon le propriétaire du moulin et responsable de la production Laurent Rossi.

Plusieurs années de conséquence pour une sécheresse

« Le problème c’est que ces dernières années le cycle de l’olivier est perturbé. Avant on savait qu’après une mauvaise année on aurait une bonne récolte, ce n’est plus le cas aujourd’hui », explique Laurent Rossi. Ajoutons à cela que la sécheresse a des conséquences sur plusieurs saisons d’affilée. « Les fleurs qui font des olives sortent sur les pousses de l’année d’avant, mais avec le manque d’eau les oliviers n’ont pas fait de nouvelles pousses cette année. On sait déjà qu’aucune fleur n’apparaîtra sur ces arbres-là », précise Gilles Brun du Moulin du Calanquet à Saint Rémy de Provence (13).

Pour autant les oléiculteurs de Manosque ont eu une bonne surprise l’an dernier. « Un an après la saison des mouches de l’olive on a eu notre deuxième plus grosse récolte de l’histoire du Moulin de l’Olivette », raconte Florent Dillies.

Les huiles du Moulin de Saint Michel et du Moulin du Calanquet seront en vente sur place dès le décembre, il faudra attendre janvier pour le Moulin de l’Olivette.