Marseille: Après 20 ans de croissance, la croisière devrait «marquer le pas» en 2017

ECONOMIE Plusieurs paquebots ont été «repositionnés» pour l'année prochaine...

Mickael Penverne

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L'Allure of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean, dans le port de Marseille, le 26 mai 2015
L'Allure of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean, dans le port de Marseille, le 26 mai 2015 — BORIS HORVAT AFP

L’industrie de la croisière à Marseille a connu une légère progression en 2016. Le port et la ville avaient accueilli l’année dernière un peu plus de 1,4 million de passagers. Cette année, le territoire a attiré plus de 1,6 million de personnes et plus de 500 escales. Sachant que chaque passager « rapporte » 138 euros, toutes dépenses confondues, les retombées économiques devraient s’établir à un peu plus de 220 millions d’euros.

« Le marché est en train d’exploser », a estimé vendredi lors d’une conférence de presse Franck Recoing de la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence, faisant référence à la commande de 20 nouveaux navires par l’un des poids lourds du secteur, MSC Croisières. Selon le Club de la croisière Marseille Provence, la saisonnalité aurait tendance, en outre, à s’atténuer.

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Les plus forts au monde

« Chaque année, plus de 5.000 passagers en moyenne transitent par Marseille chaque jour d’avril à novembre – le seuil des 6.000 passagers/jour a même été franchi en juillet/août – et ils sont près de 2.000 passagers/jour pendant les mois d’hiver », est-il écrit dans un communiqué. Plus de 350 croisières sont désormais proposées au départ de Marseille, ce qui place le port à la 5e place en Méditerranée et à la 17e place sur le plan mondial.

Depuis 1996, la ville a accueilli près de 12 millions de passagers, selon Jacques Truau considéré comme l’initiateur du développement de la croisière. En 20 ans, le marché marseillais a connu « la plus forte progression au monde », assure-t-il. Et il a permis d’injecter 1,5 milliard d’euros dans l’économie locale, « pour un investissement de seulement 6,9 millions d’euros ».

Si le bilan de ces deux décennies reste globalement positif, les perspectives pour l’année prochaine sont moins euphoriques. « L’activité devrait marquer le pas » en 2017, souligne le Club de la croisière Marseille Provence qui attend 1,5 million de passagers, soit 100.000 de moins que cette année. Plusieurs navires vont manquer à l’appel notamment ceux de la compagnie Croisière de France « dont la marque disparaît », a indiqué Jean-François Suhas du Club de la croisière Marseille Provence.

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Toujours le même cap en 2020

Le Carnival Vista, qui peut transporter jusqu’à 4.000 passagers, ne fera pas non-plus escale en 2017. Même chose pour l’Harmony of the Seas, plus gros paquebot du monde avec plus de 6.000 passagers, qui avait fait escale en juin et septembre à Marseille mais qui est reparti dans les Caraïbes. Il sera remplacé en Méditerranée par le Freedom of the Seas (4.300 personnes à bord). Le Norwegian Epic (4.100 passagers) a également été repositionné sur Palma de Majorque. C’est le Norwegian Spirit (2.000 passagers) qui le remplacera à Marseille.

La « perte » de ces trois navires majeurs représente près de 100.000 passagers, a indiqué Jean-François Suhas. Malgré ces défections, le Club de la croisière Marseille Provence espère toujours franchir le cap des deux millions de croisiéristes en 2020. Pour maintenir son attractivité auprès des grands opérateurs du secteur, il compte notamment sur l’ouverture de la Forme 10, plus grande cale sèche de Méditerranée, qui était prévue, à l’origine, en 2015. Après avoir connu une voie d’eau cet été, elle sera finalement mise en service début 2017, a indiqué vendredi Catherine Cabau-Woehrel, directrice du port.