Marseille: Une ex-Femen reçoit une balle dans sa fenêtre

FAITS DIVERS La jeune femme affirme avoir été visée car elle dénonce régulièrement le harcèlement de rue…

Clément Carpentier

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L'impact de la balle dans la fenêtre.
L'impact de la balle dans la fenêtre. — Marguerite Stern

« Je le prends comme une menace de mort », Marguerite Stern n’y va pas par quatre chemins au moment de parler de cette mésaventure. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un individu a tiré avec une arme létale dans sa fenêtre. La jeune femme est encore sous le choc.

La balle a terminé sa course dans un mur.
La balle a terminé sa course dans un mur. - Marguerite Stern

Pourtant, elle a l’habitude de se faire chahuter voire insulter dans son quartier. Membre actif du groupe des Femen pendant trois ans, la jeune femme dénonce régulièrement le harcèlement de rue dans des vidéos sur les réseaux sociaux. Mais cette fois-ci, les faits sont beaucoup plus graves et « complètement disproportionnés » pour elle.

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Deux hommes et une plaque d’immatriculation relevée

Il est 3h du matin cette nuit-là quand Marguerite Stern attend « un gros bruit » dans son appartement situé au premier étage. « Je pensais que c’était le ballon d’eau chaud qui avait explosé mais j’ai rapidement vu un trou dans la vitre et deux hommes dans une voiture dans la rue », explique-t-elle.

La balle a traversé la fenêtre puis le rideau.
La balle a traversé la fenêtre puis le rideau. - Marguerite Stern

Mais sur le moment, cette Marseillaise ne rend pas compte de ce qu’il s’est passé : « J’ai appelé la police pour un jet de pierre après avoir relevé la plaque d’immatriculation. Je n’ai pas réalisé tout de suite ». Sauf que le rideau de la fenêtre est aussi troué et surtout les policiers découvrent qu’il y a un impact dans le mur d’en face. Pas de doute donc, une personne a bien tiré une balle dans sa fenêtre depuis la rue.

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Un combat quotidien contre le harcèlement de rue dangereux

« C’est totalement irréel. Je ne pouvais pas imaginer ça », poursuit Marguerite Stern. A 26 ans, elle a toujours refusé de « reculer et de fuir » face au harcèlement dans la rue. L’ex-Femen se fait souvent insulter car elle répond. « On m’a menacé deux fois de viol et une fois un homme a voulu me tabasser », rappelle-t-elle alors qu’une conserve avait été jetée contre une de ses vitres il y a quelques jours.

La jeune femme a porté plainte pour « dégradation de biens privés avec une arme à feu » mais souhaite une requalification des faits pour « menaces de mort » ou « harcèlement ». En attendant, l’enquête a été confiée à la sûreté départementale et les investigations sont en cours selon la police.

Marguerite Stern, elle, a déjà décidé de déménager dans un autre quartier de Marseille.

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