Marseille: L'élection à la CCI vire à la foire d'empoigne

ECONOMIE Les trois listes concurrentes s'invectivent et se menacent...

Mickael Penverne

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Le siège de la CCI Marseille Provence
Le siège de la CCI Marseille Provence — M.P

C’est une élection qui, d’ordinaire, ne soulève pas les foules, ni les passions. Les années précédentes, elle constituait même une simple formalité pour l’unique liste de candidats, tous élus dans un fauteuil. D’ailleurs, elle se déroule généralement dans l’indifférence générale puisque le taux de participation avoisinne les 15 %. Mais cette année, l’élection à la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence (CCIMP) ne ressemble à aucune autre. C’est un champ de bataille.

Principale particularité : il n’y a pas une liste mais trois. D’habitude, les principales organisations patronales (UPE 13 et CGPME notamment) parviennent à se mettre d’accord pour se présenter sous la même bannière. Cette année, les négociations n’ont pas abouti. L’UPE 13 présente donc sa liste 13 Engagés et la CGPME Energie PME. A ces deux listes s’est ajoutée une troisième, celle des petits commerçants : Objectifs A-venir 13.

Des « propos diffamatoires »

Depuis le début, la campagne entre les trois concurrents est assez tendue. Elle a carrément tourné à l’aigre jeudi soir lors du dernier « meeting » de 13 Engagés à la Valentine quand Johan Bencivenga, président de l’UPE 13, a évoqué le piratage présumé du site Internet de la tête de liste, Jean-Luc Chauvin. « Quand on clique, on atterrit directement sur celui d’Énergie PME ! Ce sont des méthodes de barbouzes », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par la Provence.

La réplique n’a pas tardé. Elle est intervenue jeudi après-midi lors d’une conférence de presse d’Energie PME. Symbole de l’ambiance délétère : un huissier a enregistré toutes les déclarations. Ce sont des « propos diffamatoires », s’est indignée Marie-Laure Dufour, présidente d’Energie PME. « J'ai déjà lancé un appel au calme mais là, on ne peut pas se laisser faire. Nous n’en resterons pas là ». Aucune plainte n’a été déposée mais « des constats d’huissiers ont été faits », a-t-elle précisé.

Mais la liste d’Energie PME ne s’est pas contentée de se défendre. Elle a aussi contre-attaqué avec Stéphane Sotto. La tête de liste assure avoir vu – et pris en photo - des étudiants de deux écoles de commerce « très célèbres » à Marseille qui se rendaient « dans les commerces » sur la Canebière pour « mettre les bulletins de 13 Engagés » dans les enveloppes du scrutin, « coller les enveloppes et partir avec ». Selon Stéphane Sotto, ces étudiants auraient été embauchés par 13 Engagés.

Un bon gâteau

Marie-Laure Dufour souligne avoir « écrit à ces deux écoles et à l’UPE 13 » et saisi la présidente de la commission électorale. Elle a pourtant conclu en réitérant son appel au calme : « Nous allons travailler ensemble. Alors, soyons raisonnables ». Pourtant, ce n’est pas la seule à menacer de déposer des recours ou de poursuivre ses concurrents. Jean-Luc Gosse, de la liste Objectifs A-venir 13, explique lui aussi avoir « observé des irrégularités ».

« Nous respecterons les résultats du vote mais s’il le faut, nous contesterons le suffrage […]. Quoi qu’il en soit, nous étudions dès à présent, avec nos juristes, toutes les possibilités. » Dans sa ligne de mire, les deux listes concurrentes qu’il accuse d’être des « rentiers de la CCI » : « Il est anormal que ce soient les mêmes gens qui se représentent depuis 15 ans. » Et en particulier l’UPE 13 qualifié de « bonimenteurs » : « Ils ne font que conforter les gros [groupes] et empêcher les petits de devenir gros. »

L’élection se déroule jusqu’au 2 novembre.