Marseille: La métropole est déjà «chargée comme une mule»

ECONOMIE Les conseillers métropolitains se réunissent ce lundi pour débattre des orientations budgétaires…

M.P.
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Jean-Claude Gaudin
Jean-Claude Gaudin — A. Rancoule / 20 Minutes

Il l‘espère « agile et réactive ». Mais pour l’instant, elle est surtout « chargée comme une mule ». Jean-Claude Gaudin présidera ce lundi matin un nouveau conseil de métropole qui se tiendra non pas à Marseille mais à Aubagne. Dix mois après sa naissance officielle, Aix-Marseille Métropole ne s’est pas encore concrétisé en termes de projets. Et apparemment, ce ne sera pas pour l’année prochaine non-plus.

Les conseillers métropolitains débattront en effet des orientations budgétaires avant le vote du budget qui aura lieu le 15 décembre. Ce sera le premier « vrai » budget de la nouvelle collectivité, indique Jean-Claude Gaudin, puisque le précédent, , correspondait davantage à l’addition des budgets des six anciennes intercommunalités qui ont fusionné. Cette fois, le but est de passer « à une mise en cohérence » et à « l’intégration progressive des ressources ».

Une dette de 1,5 milliard d’euros

Le problème, c’est que les caisses sont déjà vides, ou presque. « Nous héritons des décisions des précédents gestionnaires des EPCI qui ont eu tendance parfois à charger la mule », reconnaît Jean-Claude Gaudin. « Le budget sera très serré, renchérit Jean Montagnac, vice-président de la métropole. Certains ont commencé à ouvrir les vannes. Alors forcément, cela a un impact négatif ».

Le maire de Carry-le-Rouet a même envoyé une « lettre de cadrage » aux élus pour leur rappeler que « certains projets peuvent être reportés ». Sinon, c’est simple, « on n’y arrivera pas ». La situation financière de la nouvelle collectivité s’avère d’autant délicate que l’encours de sa dette s’élève déjà à près de 1,5 milliard d’euros – pour un budget d’environ trois milliards d’euros.

Quatre sous

Pour , les dirigeants de la métropole se tournent donc une nouvelle fois vers l’Etat « qui nous avait promis 100 millions d’euros », selon Jean Montagnac. Or, pour l’instant, « on n’en a reçu que 30 millions ». « On va essayer de récupérer quatre sous nous aussi, a promis Jean-Claude Gaudin. Nous sommes en campagne électorale et le gouvernement distribue aux agriculteurs, aux instituteurs,  , etc. Alors pourquoi pas nous ? »

Sauf si l’Etat vient à la rescousse de la métropole, il ne faudra donc pas attendre grand-chose du budget 2017 de la métropole en matière d’investissement. Sur les transports, par exemple, dossier prioritaire de la nouvelle collectivité, le « premier réseau de mobilité métropolitain » ne verra pas le jour avant « l’horizon 2020 », reconnaît , vice-président en charge de la mobilité et maire de la Roque d’Anthéron.