Des cocktails Molotov lancés en marge d'une manifestation nationaliste à Bastia

CORSE Les forces de l’ordre ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes et de Flash-Ball…

F.H. avec AFP

— 

Bastia, le 15 octobre 2015. - Manifestation de soutien à de jeunes nationalistes corses condamnés début octobre par la cour d'assises spéciale de Paris pour un attentat commis en 2012. Le rassemblement a été ponctué par des lancers de cocktails Molotov par des individus cagoulés.
Bastia, le 15 octobre 2015. - Manifestation de soutien à de jeunes nationalistes corses condamnés début octobre par la cour d'assises spéciale de Paris pour un attentat commis en 2012. Le rassemblement a été ponctué par des lancers de cocktails Molotov par des individus cagoulés. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Des cocktails Molotov sur des voitures de police. Une semaine après Viry-Châtillon, c’est à Bastia que des véhicules de police ont été pris pour cible par des engins incendiaires. Ces violents incidents ont éclaté samedi en marge d’une manifestation de soutien à de jeunes nationalistes corses condamnés début octobre par la cour d’assises spéciale de Paris pour un attentat commis en 2012.

Un calme relatif dès 17h

Plusieurs dizaines de jeunes cagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre assurant la protection de la préfecture de Haute-Corse, peu après la dispersion vers 16h30 de la manifestation.

>> A lire aussi: Quatre blessés parmi les forces de sécurité lors d'incidents avec des jeunes nationalistes

Les jeunes cagoulés ont aussi commencé à incendier la poste centrale, située à environ 200 mètres de la préfecture, mais le sinistre a été rapidement circonscrit par les pompiers, de même que le début d’incendie de plusieurs véhicules de particuliers et des forces de l’ordre, atteints par des cocktails Molotov.

Aucune interpellation n’a été effectuée dans l’immédiat.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné des « violences inacceptables perpétrées par une cinquantaine d’individus », « encagoulés et lourdement équipés », qui ont attaqué la police « avec des cocktails Molotov et des objets métalliques ».

Les CRS et les gendarmes mobiles, dont les effectifs avaient été sensiblement renforcés pour cette manifestation, ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes et de Flash-Ball. Ils ont ensuite bouclé le périmètre autour de la préfecture en déployant des camions et des cars. En fin de journée, un calme relatif était revenu dans les rues de la vieille ville, quadrillées par des centaines de gendarmes. Aucun blessé n’est à déplorer selon le ministère de l’Intérieur, qui a annoncé le maintien d’un dispositif policier « conséquent » toute la soirée.

Pas le premier rassemblement qui dégénère

Auparavant, la manifestation, à laquelle ont participé quelque 1.500 personnes selon la police, 4.000 selon les organisateurs, s’était déroulée sans incident.

>> A lire aussi:  Au moins 23 blessés, dont deux grièvement, après l'effondrement d'un chapiteau à Ajaccio

Scandant « Liberta », les manifestants ont protesté contre la condamnation, le 6 octobre, de trois jeunes nationalistes, âgés de 22 à 24 ans, Nicolas Battini, Joseph-Marie Verdi et Stéphane Tomasini, à des peines de 8, 6 et 5 ans de prison ferme pour un attentat à la voiture bélier contre la sous-préfecture de Corte (Haute-Corse), le 1er avril 2012.

Les partis nationalistes, majoritaires à l’assemblée de Corse, et la Ligue des droits de l’homme avaient appelé à manifester. Plusieurs rassemblements ont déjà dégénéré en Corse depuis le verdict de la cour d’assises spéciale de Paris.