OM: José Anigo, «l’indésirable» qui a passé 40 ans au club

FOOTBALL Joueur, entraîneur, directeur sportif puis recruteur... Retour sur les 37 années olympiennes de José Anigo...

C.L.

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José Anigo en 2013 à Naples
José Anigo en 2013 à Naples — G.Bouys

Cette fois, le clap de fin va vraiment résonner dans les murs de la Commanderie. L’OM a engagé une procédure de licenciement contre José Anigo. S’il a alterné des passages de l’ombre à la lumière, José Anigo a indéniablement marqué le club, entre passion à tous crins et scandales à répétition. 20 Minutes refait l’historique du parcours de celui qui est devenu peu à peu « indésirable ».

1979-1987 : les années « minot » de joueur
C’est en défenseur rugueux que José Anigo débarque à l’OM, chez les jeunes en 1979. Avec Eric Di Méco et les « Minots » du centre de formation, le natif de Marseille participe au sauvetage du club, relégué en deuxième division et placé en liquidation judiciaire. Il marque son premier but professionnel le 23 octobre 1983. Le club retrouvera l’élite en 1984.

1997-2004 : l’entraîneur-pompier enfumé par Tapie
Après cinq ans à l’US Endoume, en tant qu’entraîneur puis joueur, José Anigo revient à l’OM comme formateur. Lorsqu’il effectue son premier intérim d’entraîneur en 2001, Bernard Tapie vient de revenir au club.

Dans l’émission Vestiaire de SFR Sport, Frank Leboeuf racontait début octobre la pression exercée par Tapie :

« José a craqué au bout de deux mois avec Bernard Tapie, qui était dans l’ombre, mais très présent. Il a dit : "Je m’en vais, je retourne entraîner les jeunes." Tapie rentrait dans le vestiaire, il faisait l’équipe. Mon premier match à Montpellier, c’était à mourir de rire. Je n’avais qu’une semaine d’entraînement dans les jambes, donc j’avais demandé à José de jouer à trois derrière avec deux stoppeurs… Une demi-heure après, José me dit : "J’en ai ras le bol, on va jouer à quatre, car l’autre, il a décidé que l’on jouerait à quatre." J’ai compris qu’il y avait une influence que José ne maîtrisait pas. »

José Anigo en 2001, la première fois qu'il devient entraîneur de l'OM
José Anigo en 2001, la première fois qu'il devient entraîneur de l'OM - G.Julien

Direct, Anigo n’a jamais caché son dédain pour Alain Perrin. Il le remplace sur le banc en 2004. Et atteint la finale de la Coupe de l’UEFA (perdue 2-0 contre Valence). Cette année-là, l’OM envoie Guingamp en Ligue 2 au Vélodrome. Le supporter acharné qu’il est depuis toujours aura cette analyse cinglante au coup de sifflet final : « C’est un retour à l’envoyeur. En 1993 […] on nous a rétrogradés en D2. Et la personne qui nous a rétrogradés, c’était le président de Guingamp. Je suis désolé pour l’entraîneur et les joueurs de Guingamp, qui méritaient de se sauver. Mais pas pour le président. » Anigo évoquait ici la relégation administrative des Marseillais en 1994, conséquence de la turbulente affaire VA-OM.

2004-2014 : le directeur sportif contesté
A partir de 2004, José Anigo se meut définitivement dans le costume de l’indéboulonnable de la Commanderie. Il sort par la porte de coach, revient par la fenêtre de directeur sportif. Entre déclarations d’amour à l’OM et coups de sang, personne ne sait vraiment définir sa place dans le club. L’homme contribue à l’arrivée de quelques pointures : Drogba, Ribery, Valbuena, Mandanda.

Didier Deschamps et José Anigo en conférence de presse à Marseille en 2009
Didier Deschamps et José Anigo en conférence de presse à Marseille en 2009 - GERARD JULIEN / AFP

Mais la décennie est surtout ternie par la rivalité avec Didier Deschamps, dès l’arrivée de l’entraîneur en 2009. En 2011 par exemple, en conférence de presse d’avant-match, il explose :

« Ça m’emmerde de toujours me justifier gratuitement alors que je n’ai aucune raison de le faire. Je trouve ça débile. Ça me casse les couilles »

2014-2016 : le faux départ
Le 5 septembre 2013, son fils Adrien, membre présumé du gang des bijoutiers, est tué par balles à Marseille. Quelques mois plus tard, José, alors de nouveau coach intérimaire, quitte la France, après une décision « actée de manière familiale, pas pour des raisons sportives », dira-t-il alors. L’ex-joueur, entraîneur puis directeur sportif s’installe à Marrakech au Maroc, où il devient responsable du développement international, chargé notamment d’observer des joueurs sur le continent africain, pour un salaire mensuel de 70.000 euros brut. Ses émoluments ne l’empêcheront pas de devenir, pour sept matchs dont cinq défaites, coach de l’Espérance Tunis. S’il ne fait plus trop parler de lui depuis, José Anigo est réapparu en une des journaux pour ses implications judiciaires. En juillet 2016, il est mis en examen pour « complicité d’abus de biens sociaux » dans l’affaire des transferts douteux de l’OM.