PACA: Christian Estrosi rompt les négociations avec la SNCF et prépare l'ouverture à la concurrence

TRANSPORTS Le président de la région PACA se plaint d’un « service de mauvaise qualité »…

Mickael Penverne

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Un TER en gare Saint-Charles
Un TER en gare Saint-Charles — Patrick Valasseris afp.com

C’est une première. Christian Estrosi, président (LR) de la région PACA, a annoncé mercredi que la collectivité allait rompre les négociations avec la SNCF pour la signature du nouveau contrat d’exploitation début 2017. Cette décision est une nouvelle étape dans le bras de fer engagé depuis dix mois entre le nouvel exécutif de la région et la direction de la compagnie nationale.

Christian Estrosi justifie cette décision par un « service de mauvaise qualité ». Dans sa ligne de mire : les syndicats, qu’il ne cite pas, mais qui sont coupables, selon lui, d’organiser « des blocages à répétition ». « Nous sommes début octobre et nous en sommes déjà à 86 jours de grève, a-t-il déclaré. Il n’y a pas d’autre région en France qui comptabilise autant de jours de grève. »

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Ouverture à la concurrence

« A cela s’ajoutent des retards ou des annulations sans la moindre explication, a-t-il ajouté. Chaque jour, ce sont près de 40 trains qui ne circulent pas ». Selon lui, le TER en PACA est le « plus cher de France ». « La SNCF doit nous présenter à la fin de l’année un devis de 291 millions d’euros qui est inacceptable. Nous refuserons de le payer […]. Je soumettrai le 3 novembre aux élus de la majorité un budget unilatéral qui a été revu drastiquement à la baisse. »

Christian Estrosi
Christian Estrosi - M.P

Selon Christian Estrosi, la Région ne doit pas 291 millions d’euros à la SNCF mais 36 millions d’euros de moins, soit 255 millions d’euros. Ce qui correspond, selon lui, aux « 86 trains supprimés à cause des grèves depuis le début de l’année, aux retards et à tous les autres trains annulés […]. Nous ne payerons que les trains qui auront circulé. Rien de plus », a-t-il martelé.

Mais dans son bras de fer avec la SNCF, l’ancien maire de Nice ne s’arrête pas là. Il a officialisé mercredi sa volonté d’ouvrir certaines lignes régionales et internationales à la concurrence en 2019. C’est le cas des lignes Marseille-Nice et Cannes-Gênes. Il a également indiqué que la Région allait étudier, avec le Département, la mise en place d’un Bus à haut niveau de service (BHNS) sur site propre entre Marseille et Aix-en-Provence, l’une des lignes les plus fréquentées de la région.

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Une régie et des assises

Il s’est dit également prêt à étudier la mise en place d’une régie des transports pour « organiser certaines lignes régionales » sur le modèle des Chemins-de-fer de Provence qui gère, par exemple, la ligne Nice-Digne, et qui « marche parfaitement », selon lui. Enfin, il a annoncé l’organisation des « assises de la mobilité » d’ici la fin de l’année, avec notamment un « panel de citoyens » pour réfléchir aux « transports du futur ».

Le président de la Région a prévenu lundi le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, de sa décision de rompre les négociations pour le futur contrat d’exploitation. « Nous allons très rapidement vous proposer un programme de redressement, nous a-t-il répondu, rapporte Christian Estrosi. Quand, pour la première fois, une collectivité décide que ce n’est pas à la SNCF d’imposer sa loi, je remarque que, d’un coup d’un seul, on a des choses à nous proposer. »

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