Marseille: Pourquoi la grande mosquée n’a pas vu le jour?

RELIGION Le conseil municipal a entériné lundi la résiliation du bail...

M.P.

— 

L'emplacement ou devait se réaliser la grande mosquée de Marseille située sur les anciens abattoirs dans les quartiers nord de Marseille
L'emplacement ou devait se réaliser la grande mosquée de Marseille située sur les anciens abattoirs dans les quartiers nord de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Comme prévu, le conseil municipal de Marseille a voté lundi la résiliation du bail du terrain destiné à la construction d’une grande mosquée.

De quand date le projet ? Le projet a été lancé il y a dix ans. La ville signe un bail avec l’association La Mosquée de Marseille pour un terrain de 8.000 m2 sur le site des anciens abattoirs de Saint-Louis, dans le 15e arrondissement. Le projet immédiatement attaqué par le FN qui soulève des problèmes de parking et un loyer trop bas. Le tribunal administratif donne raison au Front national et la mairie est obligée d’augmenter le loyer à 24.000 euros par an.

A lire : Le projet de la grande mosquée sur le point d'être abandonné

A quoi devait ressembler la mosquée ? D’un coût estimé à 22 millions d’euros, La mosquée devait accueillir quelque 7.000 fidèles et comprendre, outre la grande salle de prière, une école coranique, un restaurant, une librairie et une bibliothèque.

Que s’est-il passé pendant dix ans ? L’association, qui pilotait le projet, a d’abord reçu de nombreux dons avant que son président, Nouredine Cheik, réputé proche de l’Algérie, se fasse débarquer au profit d’Abderrahmane Ghoul, un imam réputé proche du Maroc. Résultat, les dons se sont progressivement taris et l’association n’a plus été en mesure de payer le loyer. Elle a cumulé jusqu’à trois ans de retard de paiement, soit 62.000 euros.

Pourquoi le bail a-t-il résilié ? Après plusieurs relances par courrier, qui sont toutes restées sans réponse, la mairie a décidé de résilier le bail. Sur place, le permis de construire et la déclaration d’ouverture du chantier n’ont été suivis d’aucuns travaux. « Le bail est caduc, le permis de construire est caduc, ce n’est pas la peine d’aller plus loin », a déclaré lundi le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. « Je suis triste pour la communauté musulmane de Marseille. Triste pour tous ces Marseillais à qui on ne reconnaît ni la foi, ni la place », a réagi la sénatrice-maire (PS) Samia Ghali.

Que va-t-il se passer maintenant ? Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a tenté de faire fléchir la municipalité dans un appel sur Franceinfo. « J’ai l’engagement personnel du président de l’association Mosquée de Marseille que les 62.000 euros d’arriérés pourront être réglés dans quelques semaines. Il n’y a aucun souci là-dessus, a-t-il déclaré. Le CFCM est prêt à se mobiliser pour faire redémarrer le projet. » En réponse, Jean-Claude Gaudin s’est engagé à « faciliter » un autre éventuel projet : « Nous vérifierons l’origine des fonds, nous vérifierons si c’est possible, et à ce moment-là nous chercherons un terrain pour construire cela. » Si Marseille n’a pas de grande mosquée, elle compte environ 70 lieux de prière capables d’accueillir les 200.000 fidèles de la ville.