OM: L’augmentation du loyer du Vélodrome peut-elle faire fuir Frank McCourt?

FOOTBALL Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, entend réclamer plus d'argent au nouvel investisseur pour la location du Stade Vélodrome...

C.L.

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Frank McCourt à Marseille le 18 septembre 2016
Frank McCourt à Marseille le 18 septembre 2016 — BORIS HORVAT / AFP

Cette fois, la Ville se montrera « ferme ». En conseil municipal ce lundi, Jean-Claude Gaudin et son adjoint aux finances, Roland Blum ont annoncé que la mairie de Marseille va renégocier avec l’Olympique de Marseille le montant du loyer dû pour l’utilisation du Stade Vélodrome.

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Une sous-location 

La Ville entend profiter du rachat imminent du club par Frank McCourt et du fait que le bail doit être renégocié en 2017. En 2014, les négociations avaient largement penché en faveur de Margarita Louis-Dreyfus, qui avait fait plier la Ville. Alors que celle-ci, après recommandation de la Chambre régionale des comptes, réclamait un loyer de 8 millions d’euros, l’OM ne verse actuellement que 4 millions de part fixe et 20 % des recettes quand elles dépassent 20 millions d’euros.

Ces arbitrages sont la conséquence d’un système tripartite complexe de partenariat public-privé. La Ville verse un loyer au bailleur privé Arema (15 millions pendant 30 ans) puis demande un loyer à l’OM en retour. « C’est une sous-location, commente Pierre Rondeau, économiste du sport, qui permet à la Ville de maintenir un droit de regard sur le stade et le club. » C’est aussi ce qui se passe pour le LOSC au nouveau stade Pierre Mauroy de Lille et pour l’OGC Nice à l’Allianz Riviera.

« La mairie vit dans un doux rêve »

Inconvénient, l’OM, outre le fait de ne pas posséder le stade, ce que seul l’Olympique Lyonnais fait en Ligue 1, n’est pas libre de faire ce qu’il veut dans l’enceinte. Pour trouver le contre-exemple, il faut se tourner vers Paris. Les Qataris ne sont pas propriétaires du Parc des Princes mais « possèdent 100 % des droits de gestion du stade, explique Pierre Rondeau. Ils sont locataires à temps plein du Parc pour 1,5 millions d’euros par an. Ils peuvent donc choisir de le rénover avec leurs fonds sans occasionner aucun frais à la Ville. »

Frank McCourt le sait, la situation marseillaise est particulière. Parfaitement au fait des contraintes locales, l’homme d’affaires avait déjà assuré « accepter évidemment les conditions et les termes du contrat entre le club et la ville. C’est une réalité prise en compte dans la transaction, avait glissé le futur repreneur dans une interview au Monde mi-septembre. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réserve. » Une augmentation du loyer pourrait-elle le refroidir ? « En tant qu’investisseur, on te dit que ton loyer va augmenter mais que tu ne pourras rien faire de plus, ça peut te faire reculer, analyse Pierre Rondeau. Ça ne créera peut-être pas un arrêt des négociations mais ça promet d’être houleux. La mairie vit dans un doux rêve. »

Alors que l’investisseur américain a déjà rencontré la DNCG et que le projet de reprise a été approuvé en Comité d’Entreprise par les salariés du club, le rachat est désormais imminent. Il pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines.