Voile: François Gabart défie la Méditerranée dans «un sprint de 19 heures»

VOILE Le vainqueur de la Route du Rhum et du Vendée Globe va tenter de batttre le record de traversée de la Méditerranée...

C.L.

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François Gabart à New York
François Gabart à New York — Alexis Courcoux

François Gabart veut battre un nouveau record. Le vainqueur du Vendée Globe, de la Route du Rhum et de la Transat Jacques-Vabre s’attaquera en octobre à la mer Méditerranée. Le navigateur tentera de faire tomber le record établi par Armel Le Cléac’h en 2013, de 18 heures, 58 minutes et 13 secondes.

Il s’agira de rallier Marseille (Bouches-du-Rhône) à Carthage, en Tunisie, « en moins de 19h », parie Gabart. Pour un habitué des courses où les semaines en mer s’enchaînent, ce genre de record est un exercice nouveau. « C’est du sprint, analyse le marin, un exercice vraiment différent et en plus très sympa, où tu navigues à 30 nœuds [55 km/h]. »

Ce sera aussi l’occasion pour François Gabart de mettre à l’épreuve son trimaran MACIF de 30 mètres, qui est à l’eau depuis un an. « Ça permet de progresser, explique le vainqueur du Vendée Globe. De comprendre son bateau et d’inventer de nouvelles manières de naviguer. »

Du mistral jusqu’en Corse

L’année 2016 est déjà celle des records pour le marin. Il a battu celui établi par Thomas Coville, de la plus grande distance parcourue en 24 heures, en naviguant 754 milles (1.396 km). Gabart a également remporté le 11 mai The Transat Bakerly, sa première course en solitaire sur le Trimaran MACIF. Cette traversée de la Méditerranée porte, elle, un aspect symbolique, « de rejoindre l’Europe à l’Afrique ». Et au-delà du message, « ça fait partie des records qui ont déjà été challengés par d’autres marins ». Hormis Armel Le Cléac’h, Kito de Pavant ou Yvan Bourgnon s’y sont par exemple déjà risqués.

François Gabart va naviguer de Marseille à Carthage
François Gabart va naviguer de Marseille à Carthage - Google Map

Principales difficultés pour traverser la Méditerranée le plus vite possible : le mistral. « Il faudrait qu’il soit le plus fort possible du début à la fin, développe le navigateur. Et très ouest, pour tirer droit de Marseille à Carthage [Tunisie]. Mais ce vent s’arrête souvent en Corse ou en Sardaigne. » Le navigateur redoute aussi la densité du trafic maritime, qui va l’obliger à plus de vigilance. « Beaucoup de cargos et de pêcheurs naviguent en Méditerranée, reprend-il. Je n’ai jamais navigué sur les côtes tunisiennes mais ça m’étonnerait que les pêcheurs soient très bien éclairés. »

Départ prévu courant octobre depuis Marseille, dès que les conditions le permettront.